Parents et professeurs se mobilisent pour le collège Paul Valéry

Mardi dernier, les parents d’élèves et les enseignants du collège Paul Valéry s’étaient donné rendez-vous devant l’inspection académique pour contester le projet de Dotation Horaire Globale de l’année scolaire 2018-2019, c’est-à-dire le volume horaire dédié à l’ensemble des enseignements. Ils dénoncent une baisse des moyens, qui conduirait à des classes trop chargées.

 

Ce mardi, à l’occasion de la journée de mobilisation nationale des fonctionnaires, les parents d’élèves et les enseignants du collège Paul Valéry ont voulu faire entendre leurs inquiétudes et leurs revendications suite à la réception du projet de Dotation Horaire Globale pour la rentrée 2018-2019. Celui-ci annonce des moyens en baisse de plus de 10%, avec 67 heures d’enseignement en moins soit l’équivalent de plus de trois postes d’enseignant. Ce qui conduira, selon les parents et les professeurs présents, à une augmentation importante des effectifs par classe, qui passeraient de 24 à 26 actuellement à de 28 à 30.

Daniel Mary, vice-président de l’association des parents d’élèves, se désole de cette décision : « Pour faire baisser le nombre de dérogations de parents qui ne souhaitaient pas que leurs enfants fréquentent Paul Valéry, nous nous sommes investis. Nous sommes allés dans les écoles des villages pour les rassurer sur la qualité de l’établissement. Un de nos arguments était le fait que les classes soient peu chargées. Or, avec ce projet, cet avantage disparait ».

« Ce sont d’abord les plus fragiles qui vont trinquer, regrette, quant à lui, M. Ernesti, professeur d’EPS. On prendra plus de temps pour s’occuper de la discipline et donc moins pour l’apprentissage : au final, c’est toute la classe qui sera touchéeL’inspection base ses décisions sur des prévisions qui sont à minima. Des élèves rejoignent toujours l’établissement en cours d’année. Il y a eu 30 élèves supplémentaires en 2018 ! Si la situation est la même en 2019, les classes seront bien trop chargées ».

« Une pépite à protéger »

Cette baisse du nombre d’heures d’enseignement est due à la sortie de l’établissement du Réseau d’Éducation Prioritaire (REP), il y a trois ans et ce, alors que « le public n’a pas changé » s’insurge M. Ernesti. En effet, si Paul Valéry est situé à Metz-Borny comme le collège des Hauts de Blémont, les deux établissements n’ont pas les mêmes effectifs, ce qui explique que l’un fasse toujours partie du réseau et pas l’autre. Ainsi, à Paul Valéry, un tiers des élèves est originaire du quartier, un tiers vient de Metz Grange-aux-bois et le tiers restant des villages alentours. Cette mixité géographique et sociale en fait « une pépite à protéger » pour Jean-Michel Toulouze, adjoint aux finances, présent pour soutenir les parents et les enseignants.

Pour exprimer leurs inquiétudes, ces derniers ont rencontré l’inspecteur académique, M. Chaleix, en mars. « Il nous a écouté mais ne nous a rien promis ». Ils espéraient, mardi, avoir une nouvelle audience pour faire entendre leur voix et leur revendication : « une pérennisation voire une amélioration du nombre d’heures d’enseignement actuel ». L’inspecteur n’était toutefois pas présent pour les recevoir.

L’inspecteur laisse sa porte ouverte

Contacté par téléphone, M. Chaleix regrette cette situation, qu’il ne comprend pas. « C’est l’inspection qui donne des marges horaires mais ce sont les établissements qui décident de l’utilisation de cette enveloppe d’heures. Or, le collège Paul Valéry est celui qui possède la plus grande marge d’autonomie sur sa dotation parmi les 90 collèges du département ». Concernant le nombre d’élèves par classe, il se veut rassurant : « ils ne seront pas 30 comme ce que j’ai pu lire. La moyenne sera de 25,8 élèves par classe. 24 en 6ème et en 5ème et 25 en 3ème. Seules les 5èmes seront plus chargées avec 28 élèves ».

Il estime la sortie de l’établissement du REP logique : « il y a une plus grand mixité sociale qu’avant » et assure qu’il sera « vigilant concernant l’affectation en cours d’année de nouveaux élèves. Le contexte n’est plus le même que l’année dernière, j’en prendrai compte ». Il se dit disponible pour rencontrer de nouveau les parents d’élèves et les enseignants. Ça tombe bien : mardi, ces derniers semblaient n’attendre que ça.

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