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Portraits & Témoignages

À la rencontre de l'interculturalité avec les Ateliers El Warsha

Les Ateliers El Warsha réunissent depuis 3 ans habitants et réfugiés autour du théâtre à Metz : horaires, lieux, témoignages et bilan du projet européen Berenice.

6 min de lecture
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Une séance racontée : la soirée du 23 janvier 2019 change une atmosphère

Mercredi 23 janvier 2019, l’Agora ressemblait à une mini-scène de rue où le rire a remplacé la gêne en moins de 10 minutes. Dix participants — actifs, étudiants, retraités, demandeurs d’asile — ont franchi la porte à 18 h pour une séance d’environ 2 heures. L’accueil a été simple : échauffements physiques de 15 minutes, exercices de voix, puis improvisations sur des cadres familiers comme « la plage » ou « la salle de classe ». Joël Helluy, animateur associé à la compagnie Pardes Rimonim, a dirigé les scènes sans texte ; il a insisté sur l’écoute et la présence plutôt que sur la performance.

Un jeune réfugié m’a dit : « ça fait deux ans que je suis en France et je n’ai jamais souri… jamais. Ce soir, en deux heures, on a beaucoup ri ». Cette phrase pèse plus qu’un long discours sur les effets concrets des ateliers. Sur place, j’ai noté des échanges de coordonnées, des propositions de covoiturage et un habitant qui a ramené du thé après l’atelier — petites actions qui prolongent la rencontre.

💡 Conseil : Si vous voulez tester l’atelier, arrivez 15 minutes avant le début pour rencontrer l’équipe et signer l’adhésion unique de 5 € qui couvre l’année.

3 sites, 3 rythmes : le réseau implanté dans Metz depuis 2019

Depuis 2019, l’association Passages porte El Warsha dans 3 lieux fixes à Metz. Le lundi, la Maison de la Culture et des Loisirs (MCL) reçoit les participants de 17 h 30 à 19 h 30 au 36 rue Saint-Marcel ; le mercredi, l’Agora ouvre ses portes de 18 h à 20 h au 4 rue Théodore de Gargan ; le samedi, la MJC Borny propose une session de 15 h à 18 h au 10 rue du Bon Pasteur. Ces créneaux permettent d’atteindre un public varié : familles en fin de journée, étudiants disponibles le mercredi, seniors le samedi.

Cette dispersion sur le territoire facilite les rencontres entre habitants de Borny et quartiers limitrophes. J’ai discuté avec un participant qui vient du secteur Metz Nord : il a choisi la séance du samedi pour éviter les transports en semaine, et m’a dit apprécier la proximité du lieu. Pour des informations sur le quartier et ses dynamiques, consultez notre dossier sur Borny, où plusieurs initiatives locales sont suivies par la rédaction Borny.

Le théâtre comme outil : pourquoi 2 heures suffisent pour créer du lien

Les ateliers durent en moyenne 120 minutes ; ce format compact favorise des résultats rapides. En 90 à 120 minutes, une séance d’improvisation permet d’installer la confiance, de déclencher les rires et de générer des échanges concrets. Les animateurs utilisent des techniques issues de la troupe Pardes Rimonim — exercices sensoriels, contrainte scénique, relais de phrases — pour que chaque participant trouve une place sans texte écrit.

Je pense que le théâtre est le meilleur choix pour ce type de rencontre quand l’objectif vise l’inclusion sociale plutôt que la formation professionnelle. Le coût réel pour l’usager reste bas : adhésion annuelle 5 € et gratuité fréquente lors d’événements du réseau Berenice. À l’échelle locale, ces séances constituent un point de contact régulier qui aide à réduire l’isolement. Pour un panorama plus large des actions culturelles dans Metz, notre rubrique Vie à Metz recense événements et dispositifs locaux Vie à Metz.

⚠️ Attention : Ne confondez pas atelier ludique et thérapie ; les animateurs ne remplacent pas des professionnels de santé. En cas de traumatisme sévère, privilégiez un suivi médical.

Constats et chiffres : participation, profil et impact concret

Observation sur 12 séances entre 2019 et 2025 : participation moyenne 10 personnes, pic à 18 lors d’un atelier inter-associations en mars 2022. La tranche d’âge dominante se situe entre 20 et 45 ans, mais on recense 15 % de plus de 60 ans selon les listes d’émargement. Plusieurs réfugiés participent régulièrement depuis 6 à 24 mois ; certains ont appris le français en pratiquant le théâtre sur scène et hors scène.

Les retombées concrètes sont mesurables : deux groupes d’anciens participants ont coorganisé une représentation publique en 2021, laquelle a attiré 120 spectateurs et reversé 400 € à une association d’aide aux demandeurs d’asile. De plus, des partenariats avec la MJC Borny ont permis d’utiliser les locaux pour des ateliers jeunesse, créant des ponts entre générations. Ce lien pratique entre ateliers et structures locales s’observe aussi sur d’autres quartiers, par exemple la dynamique de Metz Nord & Patrotte suivie par nos reporters Metz Nord & Patrotte.

📌 À retenir : 1 représentation publique organisée en 2021 a rassemblé 120 personnes et généré 400 € de dons — preuve que la pratique amateur produit des résultats collectifs tangibles.

Organisation, coûts et gouvernance : transparence sur les chiffres

Passages gère El Warsha avec un budget modeste. En 2024, les comptes montrent des dépenses annuelles estimées à 8 000 € pour les interventions, le matériel et les locations ponctuelles. Les animateurs externes perçoivent des honoraires entre 80 € et 150 € la séance selon l’expérience. Les financements proviennent en partie du projet européen Berenice, de subventions municipales et d’adhésions locales. Ainsi, une adhésion de 5 € couvre une part minime des frais, mais rend le projet accessible.

Si vous contribuez comme bénévole, prévoyez 2 à 4 heures hebdomadaires pour l’accueil, la logistique et la communication. Les équipes locales demandent aussi un engagement ponctuel lors des représentations publiques : accueil, billetterie, cuisine. Pour connaître les lieux d’intervention réguliers et les contacts en mairie, l’association communique via Bornybuzz et ses partenaires associatifs sur le territoire.

Comment participer : pratique et conseils concrets

Pour tester El Warsha, repérez la séance qui vous convient et arrivez 15 minutes avant le début. Munissez-vous d’une pièce d’identité pour l’inscription si nécessaire et d’une tenue confortable (jogging, baskets). Les enfants ne participent pas aux ateliers adultes ; des sessions spécifiques jeunesse ont lieu pendant les vacances scolaires. Si votre objectif est l’apprentissage du français par le jeu, privilégiez les ateliers du mercredi, qui privilégient l’impro et les échanges de parole.

Si vous hésitez à venir seul, proposez à un ami ou un membre de famille : la cellule d’accueil favorise l’intégration des nouveaux arrivants. Évitez de venir en tenue formelle ; le travail corporel exige liberté de mouvement. Enfin, pensez au covoiturage pour limiter les coûts : plusieurs participants ont partagé une course et réduit leur dépense à moins de 2 € par trajet.

💡 Conseil : Prévoyez 2 € à 5 € pour le déplacement et 5 € d’adhésion ; ces dépenses restent modestes comparées aux bénéfices relationnels observés.

Bilan critique : ce qui marche et ce qui mérite d’être revu

Les forces sont claires : ateliers réguliers, animateurs expérimentés, réseau local bien implanté. Le principal défaut tient à la visibilité ; sans communication soutenue, des créneaux restent sous-remplis, surtout en période de vacances. À mon avis, investir 400 € annuels dans une campagne ciblée sur réseaux sociaux et affichage local rapporterait un doublement de la fréquentation sur six mois.

Autre point : l’inclusion linguistique. Les exercices sont accessibles, mais l’absence d’un médiateur linguistique permanent limite l’accès pour nouveaux arrivants analphabètes en français. Recruter un médiateur à mi-temps coûterait environ 12 000 € par an, somme difficile à trouver mais qui multiplierait l’impact social.

Ressources et contacts pratiques

Pour un premier contact, adressez-vous à l’Agora (4 rue Théodore de Gargan), à la MCL (36 rue Saint-Marcel) ou à la MJC Borny (10 rue du Bon Pasteur). L’association Passages et la troupe Pardes Rimonim restent les interlocuteurs principaux pour les interventions. Si vous souhaitez comprendre d’autres actions locales qui structurent la vie de quartier, notre équipe a publié des enquêtes régulières dans la rubrique Vie à Metz sur les initiatives de terrain Vie à Metz.

FAQ

Q : Faut-il parler français pour participer aux ateliers El Warsha ? R : Non, la pratique théâtrale tolère des niveaux variés ; cependant, la communication basique aide. Statistiquement, 70 % des participants ont au moins un niveau A2-B1 en français et progressent grâce aux échanges pendant les 2 heures de séance.

Q : Quel est le coût réel pour un nouveau participant ? R : Préparez 5 € pour l’adhésion annuelle et 2 € à 5 € pour le transport par séance. Les ateliers sont souvent gratuits lors d’événements soutenus par le projet Berenice.

Q : Peut-on organiser une représentation publique avec les groupes d’El Warsha ? R : Oui. En 2021, une représentation a mobilisé 8 participants réguliers et attiré 120 spectateurs. Pour monter un projet scénique, comptez 6 à 8 semaines de répétitions et un budget logistique autour de 300 € minimum pour les locations et le matériel.

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