Mercredi, 16h30, salle polyvalente du centre social de Borny. Une quinzaine de jeunes, entre 14 et 18 ans, sont installés autour de tables. Pas de cahiers, pas de prof. Juste un animateur qui lance un jeu de rôle : « Vous êtes en stage, le chef d’équipe vous demande de résoudre un problème technique. Que faites‑vous ? » Pendant une heure, ils improvisent, argumentent, se trompent.
À Borny, la question du « qu’est‑ce que je vais faire plus tard » n’est pas une affaire de salon. On ne compte pas les gamins qui se retrouvent sans solution à la fin de la troisième, parce que le collège n’a pas eu le temps de les accompagner, parce que les parents ne maîtrisent pas les filières, parce que l’offre d’orientation classique vise un public qui n’habite pas ici. Depuis quelques années, des initiatives locales tentent de prendre le relais.
Un local pour les ados : l’ADACS mise sur l’expérience concrète
Septembre 2025, rue du Bon Pasteur. L’ADACS a ouvert un espace dédié aux 12‑18 ans dans ses locaux. Pas de brochures qui prennent la poussière sur une étagère : des artisans du quartier qui passent une après‑midi répondre aux questions. Mécaniciens, coiffeurs, un informaticien. « Les jeunes leur demandent le salaire, les horaires, les études qu’il a fallu faire. C’est plus parlant qu’un site internet », raconte l’éducateur responsable du projet.
Le local pour les ados à l’ADACS fonctionne trois après‑midis par semaine. Pas de notation, pas d’évaluation scolaire. Création d’un mini‑CV, simulation d’entretien, découverte de filières techniques. Plusieurs inscrits ont décroché des stages en entreprise grâce aux contacts tissés sur place.
Le ressort, c’est le temps long. Un quart d’heure avec un conseiller d’orientation au collège, c’est court pour défaire deux ans de « je sais pas, m’sieur ». Trois après‑midis par semaine, c’est autre chose : le jeune voit l’animateur en dehors du cadre scolaire, sans note, sans bulletin. La parole se libère, parfois sur un coin de table avant l’atelier. Et c’est là que l’animateur entend ce qui ne sortirait pas en entretien formel : la honte du frère qui a décroché, l’envie de partir vivre à Paris, la peur du regard des parents si on rate.
Reste la question que les éducateurs entendent le plus : comment faire comprendre à un jeune ce qu’il sait déjà faire, sans que ça ressemble à un contrôle. D’où le recours à des outils numériques qui permettent de tester ses compétences de manière ludique. La plateforme test E2E, par exemple, est utilisée par certains centres de quartier pour évaluer les acquis en communication et en logique, sans pression et sans note. Un moyen de prendre confiance avant de se lancer dans une démarche d’orientation plus formelle.
Les PEP 57 : des vacances qui préparent à l’avenir
L’été dernier, un groupe de jeunes de Borny a passé une semaine dans un centre de loisirs des PEP 57. Au programme, pas que des activités sportives : des ateliers sur les métiers de l’animation, du secourisme et de la cuisine collective. Travailler en équipe, gérer un budget, organiser une activité, ça figure aussi sur un CV.
Les PEP 57 s’occupent de vos vacances : comment ça marche à Metz avec un système de bourses et de cofinancement qui permet aux familles de Borny d’y accéder pour une somme modique. Plusieurs jeunes ont ensuite demandé des stages dans les structures qu’ils avaient découvertes pendant les séjours.
💡 Conseil : Si votre enfant ou ado hésite sur une filière, proposez‑lui un atelier découverte pendant les vacances scolaires. Les places sont limitées, il faut s’inscrire tôt.
L’école Erckmann‑Chatrian : une mobilisation qui porte ses fruits
L’an dernier, à l’école Erckmann‑Chatrian, les parents d’élèves se sont mobilisés pour obtenir l’ouverture d’une classe supplémentaire. Cette mobilisation pour une ouverture de classe à l’école Erckmann‑Chatrian a abouti après plusieurs réunions avec l’inspection académique et la mairie. Effectifs réduits, suivi personnalisé, repérage plus précoce des besoins. Les familles du quartier savent se faire entendre.
De l’association au projet pro : un guide pour s’y retrouver
Créer une association de jeunes, monter un projet, demander une subvention. Autant d’étapes qui peuvent sembler insurmontables pour un adolescent sans expérience. Le guide créer et faire vivre une association à Metz détaille les étapes : statuts, local, compte bancaire, contacts utiles à la maison de quartier ou à la MJC. Pour les jeunes de Borny qui veulent lancer un club de hip‑hop, une radio de quartier ou un atelier numérique, c’est aussi une école de gestion et de négociation. Un ado qui a porté un projet associatif pendant un an a déjà une expérience à faire valoir, et la première ligne de son CV.
Et le soutien des parents dans tout ça ?
Les parents de Borny sont souvent les premiers à vouloir aider, mais ils manquent de repères sur les filières, les diplômes, les débouchés. Des réunions d’information sont organisées régulièrement à l’Agora et au centre social, avec des traducteurs si besoin. Le taux de participation reste faible le soir. Les éducateurs ont leur formule : venir une fois, échanger cinq minutes avec un conseiller, c’est déjà un pas. Certains repartent avec les coordonnées d’un CIO ou d’une plateforme d’orientation en ligne, ressources gratuites et accessibles depuis n’importe quel téléphone.
À Borny, l’orientation ne se décrète pas, elle se construit pas à pas. Quand un jeune sort d’un atelier au local ADACS et qu’il ose postuler un stage, ou qu’après une session sur la plateforme test E2E il a moins peur de se présenter à un entretien, c’est qu’on a évité un décrochage de plus.
Questions fréquentes
Comment aider mon enfant à choisir une orientation s’il n’a aucune idée de ce qu’il veut faire ?
Commencez par l’emmener à un atelier découverte dans le quartier – centre social, MJC, ADACS. L’objectif n’est pas de trouver une réponse tout de suite, mais de multiplier les expériences courtes. Une après‑midi suffit pour savoir si on aime le bricolage, l’informatique ou l’animation.
Existe‑t‑il des aides financières pour financer des activités d’orientation ?
Oui, les PEP 57 proposent des tarifs réduits selon les ressources. La CAF accorde aussi des chèques vacances ou des aides au départ. Renseignez‑vous directement au centre social ou à la Maison de quartier de Borny.
Quels sont les métiers qui recrutent le plus autour de Metz ?
Sans entrer dans des chiffres précis, les secteurs de la logistique, de la santé, du numérique et de l’animation sont en demande. Les stages en entreprise sont plus faciles à décrocher dans ces filières, surtout si on a déjà une expérience associative ou un stage précédent.
Que faire si mon ado refuse toute discussion sur l’orientation ?
Ne forcez pas le dialogue frontal. Proposez‑lui plutôt un atelier sans enjeu, comme un jeu de rôle ou une simulation de métier. Parfois, c’est un animateur ou un copain qui débloque la situation, pas les parents. Le local ADACS a justement été créé pour ça : un espace neutre où l’adulte n’est pas un parent.
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