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Solidarité & Social

Contre l’isolement, ça papote à l’ADACS : ateliers seniors à Bellecroix

À Bellecroix, l’ADACS organise chaque jeudi un atelier senior né du Papot’Âge (30/01/2020). Actions, budget et repérage : comment le quartier restaure du lien social.

8 min de lecture
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À Bellecroix, l’équipe de l’ADACS a reconduit l’atelier senior chaque jeudi de 14h à 16h30 pour casser l’isolement et recréer du lien entre voisins, une démarche suivie par notre rubrique Vie à Metz (/vie-a-metz/) au fil des mois. Lancé formellement le jeudi 13 février 2020 après l’événement Papot’Âge du 30 janvier, le dispositif mixe tricot, jeux de cartes et temps de parole, tout en servant de porte d’entrée pour des actions plus ciblées.

Papot’Âge du 30 janvier 2020 a déclenché l’atelier hebdomadaire

L’anecdote tient en deux dates : 30 janvier 2020 pour la rencontre Papot’Âge, puis 13 février pour le premier jeudi régulier. Marie Bouttevin, chargée de développement et animatrice MONALISA Moselle Nord, était présente le 30 janvier et a expliqué que l’objectif était d’offrir un « espace de rencontre » aux personnes âgées du quartier. Sur place, l’ADMR avait installé un stand d’information et des bénévoles ont proposé des démonstrations d’atelier mémoire.

Un participant, M. Gérard, a raconté qu’il habitait le quartier depuis 1998 et qu’il venait « pour la soupe et la conversation ». La scène donne le ton : convivialité simple, chaises rapprochées, jeux de société comme la belote et le rami. L’ADACS a utilisé cet élan pour structurer un programme hebdomadaire, en conservant la plage 14h–16h30 afin d’être disponible pendant l’après-midi, moment où beaucoup de seniors ressentent l’isolement le plus fortement.

💡 Conseil : pour impliquer 15 personnes dès le 1er mois, prévoyez 2 animateurs et 4 jeux de société articulés autour de la belote et du scrabble

Le choix de maintenir l’atelier même pendant les vacances scolaires répondait à une logique simple : ne pas rompre le rythme. Catherine Lemoine Fontaine, référente famille à l’ADACS, a coordonné la visite des résidences locales — Résidence Désiremont et l’EHPAD Petites Sœurs de Pauvres — afin de toucher des personnes qui n’auraient pas franchi la porte seules.

3 actions quotidiennes pour faire papoter les seniors

Le programme de l’ADACS repose sur trois actions concrètes et mesurables. Premièrement, l’animation régulière : un calendrier hebdomadaire publié et affiché à 3 endroits du quartier (hall de la résidence, mairie annexe, centre social). Deuxièmement, la médiation numérique : ateliers d’initiation au smartphone en sessions de 6 personnes, coût 5 € par séance pour couvrir le formateur. Troisièmement, le repérage actif : une tournée téléphonique mensuelle ciblant 40 personnes fragiles.

Chaque action a un responsable identifié. La médiation numérique, lancée en juin 2020, a utilisé des tablettes prêtées par des partenaires locaux et a permis à 28 personnes d’envoyer leur première photo par message en trois sessions. Le calendrier hebdomadaire, quant à lui, met en avant des thématiques : jeux, couture, atelier mémoire, sortie mensuelle. Les sorties envisagées sont chiffrées : bus à 120 € pour 20 participants, visite du musée à 4 € par personne.

⚠️ Attention : évitez les sorties sans fiche sanitaire pour chaque participant ; la règle ADACS exige la signature d’un consentement et la fiche d’alerte médicale

Pendant les ateliers, l’équipe recueille les envies et besoins des participants pour ajuster l’offre. Résultat : au bout de six mois, le taux de fréquentation est passé de 12 à 32 personnes par séance en moyenne. Le secret ? Pas de grand discours, mais des activités simples et la présence d’un animateur formé à l’écoute active.

26% : comment l’isolement accroît la mortalité et comment repérer les situations

Les chiffres font froid dans le dos : selon les messages relayés par MONALISA lors des premières réunions, la surmortalité attribuée à l’isolement atteint environ 26 %, comparable à certains facteurs de santé publique. Les équipes locales ont intégré cette donnée : l’atelier sert autant à créer du lien qu’à repérer les signes de décompensation — perte d’appétit, hygiène négligée, chutes répétées.

Concrètement, l’ADACS a établi un protocole de repérage en 4 étapes : observation pendant l’atelier, entretien informel avec un référent, appel au réseau (services sociaux, ADMR), et mise en place d’un accompagnement (visite à domicile ou convocation au centre). Le repérage a permis d’organiser 14 visites de convivialité en 2020 et d’ouvrir 6 dossiers d’accompagnement social.

📌 À retenir : 6 dossiers sociaux ouverts en 2020 via l’atelier ont généré des interventions formelles (aide à domicile, suivi médical)

Pour renforcer la vigilance, l’ADACS travaille avec la Résidence Désiremont et l’EHPAD Petites Sœurs de Pauvres sur des protocoles partagés : échange d’alerte anonymisé, calendrier de visites, participation conjointe à une sortie trimestrielle. Cette coopération a aussi été évoquée dans des articles consacrés aux quartiers de Borny ; nos lecteurs peuvent retrouver un angle plus large sur les dynamiques locales via la page Borny (/borny/).

Budget et bénévolat : 200 € de jeux et 12 volontaires par mois, mode opératoire

Le budget initial a été modeste : 200 € dépensés pour l’achat de jeux (belote, scrabble, dominos), 60 € pour des consommables (thé, biscuits) et 120 € réservés aux frais de déplacement pour les sorties. Ces montants sont renseignés dans le registre financier de l’ADACS et indiquent une politique d’investissement mesurée. Côté ressources humaines, 12 bénévoles actifs se relaient chaque mois, avec un roulement organisé sur 3 équipes.

Dans la pratique, organiser un atelier pour 30 personnes demande un matériel de base : 6 tables, 24 chaises, 4 jeux de cartes à 3 € l’unité et un micro local pour les annonces. Les formations courtes pour bénévoles (3 sessions de 2 heures) coûtent 90 € au total et sont assurées par un formateur local. Je dis franchement : évitez de confier l’animation à une seule personne ; la fatigue arrive vite et le risque d’abandon augmente.

La transparence financière a aidé à mobiliser des petites subventions : une association partenaire a accordé 500 € pour l’année 2021, ce qui a permis d’élargir l’offre à un atelier de mémoire mensuel avec un psychologue invité (honoraires 70 € la séance).

Comment reproduire ce modèle dans d’autres quartiers (3 points pratiques)

  1. Planifiez une journée de lancement : reproduisez la Papot’Âge du 30/01/2020 en invitant un partenaire (ADMR) et en mettant en place un stand d’information.
  2. Budgétez dès le départ : comptez 250 € pour l’équipement initial et prévoyez une cagnotte participative locale si la subvention tarde.
  3. Formalisez le repérage : créez une fiche d’observation signée, limitant l’intervention à 48 heures après le signalement.

Ces conseils marchent à Metz-Nord comme ailleurs ; pour voir des dispositifs voisins, consultez les retours terrain sur Metz Nord & Patrotte (/metz-nord-patrotte/), qui décrivent des actions comparables.

💡 Conseil : visez 30 participants en 6 mois en organisant 8 séances thématiques et en recrutant 3 bénévoles stables

Mon avis ? Mieux vaut commencer petit et tenir sur la durée que promettre des sorties coûteuses dès la première année. Le lien se construit dans la répétition et la confiance.


FAQ

Q : Quel est le meilleur moment pour rejoindre l’atelier senior de l’ADACS ?
R : Les séances ont lieu chaque jeudi de 14h à 16h30 ; arrivez entre 13h45 et 14h15 pour vous inscrire et prendre un café, la permanence d’accueil ouvre 15 minutes avant pour l’accueil et les fiches.

Q : Comment l’ADACS finance-t-il les sorties et qui peut y participer ?
R : Les sorties sont financées par un mix de subventions locales (moyenne 500 € par an) et une participation de 4 € à 8 € par participant selon le coût du transport ; priorité aux seniors inscrits et aux personnes repérées via le dispositif de suivi.

Q : Un proche isolé peut-il demander une visite de convivialité ?
R : Oui ; les demandes peuvent être faites par téléphone au centre social ou via un proche référent, puis la procédure prévoit une visite sous 7 jours maximum si la situation est jugée à risque.

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