Mon premier jour en 1 récit : arrivée à Bornybuzz et immersion sur le tournage
J’ai débarqué à Bornybuzz tôt le matin, sac photo à l’épaule, sans imaginer que cette première journée de service civique finirait par m’impliquer émotionnellement. L’accueil était chaleureux ; Mégane m’a donné un badge, Quentin m’a expliqué les rôles, et tout de suite j’ai compris que la journée serait dense. Au milieu de cette présentation, une collègue a mentionné le scénario : une histoire axée sur le harcèlement à l’école, conçue pour être projetée le 11 mars lors du Printemps des familles.
Sur le trajet vers le collège des Hauts de Blémont, j’ai testé mon appareil et noté l’éclairage naturel des couloirs ; le décor servirait de décor réaliste pour la web-série. À la mi-journée, après une répétition, j’ai commencé à observer les interactions entre les jeunes comédiens. Certains gestes me paraissaient codés : regards qui glissent, rires étouffés, un groupe qui se positionne pour isoler un autre élève. Cette observation a rendu la fiction tangible.
💡 Conseil : Prenez des notes horodatées pendant un tournage si vous devez rapporter un incident — indiquez heure, lieu précis et noms si possibles
Le côté pratique : le tournage s’est organisé avec 6 bénévoles, 2 éducateurs d’APSIS-Emergence et un technicien son payé au tarif local de 100 € la journée. Quand j’ai parlé de l’expérience avec une collègue, elle a immédiatement fait le lien avec le travail de sensibilisation publié dans la rubrique Vie à Metz qui couvre parfois des projets scolaires. Ce passage entre production et engagement m’a surpris : la caméra n’était pas là pour piéger, mais pour créer de l’empathie.
J’ai identifié 3 signes concrets de harcèlement pendant la scène et hors-caméra
Premier signe : l’isolement visible. Un comédien jouait la « victime » ; il était physiquement poussé hors du flux dans le couloir, ses affaires dispersées. Les seconds qui faisaient l’entourage ont insisté sur la durée : scènes répétées pendant 20 minutes pour capturer l’effet d’usure.
Deuxième signe : l’utilisation du langage pour diminuer. Dans plusieurs prises on a entendu des surnoms répétés cinq fois, utilisés comme un marqueur d’appartenance au groupe. Ce type d’exposition verbal a provoqué la crispation d’un adulte présent.
Troisième signe : une récurrence d’exclusion lors des pauses. Un jeune chroniqueur a raconté avoir été volontairement ignoré pendant 3 récréations consécutives dans un scénario inspiré d’une situation réelle rapportée par des parents.
⚠️ Attention : Ne considérez pas une plaisanterie répétée comme inoffensive — trois occurrences en une semaine peuvent indiquer un passage à l’acte
Concrètement, la répétition et le temps sont des facteurs clés ; une scène unique n’est pas suffisante pour caractériser le harcèlement, mais la multiplication des micro-événements donne un tableau. Le projet vise à faire comprendre ces micro-événements aux adultes, et c’est pour cela que les associations locales ont co-signé le scénario.
Le tournage a révélé 2 responsabilités pour les adultes présents, et ce que je recommande
Responsabilité 1 : protection immédiate. Lors d’une prise où l’acteur « victime » a paru sérieux, les éducateurs d’APSIS-Emergence sont intervenus en 45 secondes pour stopper l’action et parler avec l’élève. Constatez que la réaction rapide réduit l’intensité émotionnelle ; je conseille de former au moins 2 référents par établissement à la gestion immédiate des situations. Il suffit d’une formation de 3 heures pour apprendre les gestes de premier accompagnement.
Responsabilité 2 : suivi post-incident. Les producteurs ont prévu une réunion de débriefing 48 heures après le tournage pour vérifier l’impact sur les participants. À mon avis, instaurer un suivi sur 30 jours avec deux points de contact (éducateur, parent) est une bonne pratique. Ce suivi évite le rebond émotionnel et permet de documenter l’effet pédagogique du film.
📌 À retenir : Prévoir un délai de 48 h pour un debrief et un suivi sur 30 jours aide à mesurer l’impact réel d’un dispositif de sensibilisation
Sur le plan local, Bornybuzz tient un fichier de partenaires et de ressources pour la parentalité et la prévention ; j’en ai parlé avec le coordinateur, puis j’ai renvoyé quelques familles vers la structure qui coordonne les événements du quartier. Vous trouverez des initiatives similaires dans la page dédiée à Borny où les actions communautaires sont listées.
Ce projet visuel a impliqué 4 acteurs clés du quartier et pourquoi chacun compte
Acteur 1 : les élèves, âgés de 11 à 15 ans pour la plupart ; leur implication confère au projet une crédibilité immédiate. Les comédiens étaient souvent inscrits au collège des Hauts de Blémont, ce qui facilite la représentation réaliste d’une classe.
Acteur 2 : les parents. Une demande parentale a été le déclencheur du projet ; ils ont demandé un support pour aborder le sujet pendant le Printemps des familles. Leur présence lors des projections est cruciale : la première séance publique était programmée pour le 11 mars afin de coïncider avec les temps d’échange proposés par les associations.
Acteur 3 : APSIS-Emergence, qui a apporté son expertise auprès des 10–21 ans et a fourni deux éducateurs, Mégane et Quentin, présents toute la journée. Leur rôle ne se limite pas à la figuration : ils animent aussi les ateliers de discussion après la projection.
Acteur 4 : Bornybuzz et La Passerelle, qui coordonnent la logistique et la médiation numérique. Bornybuzz a pris en charge la captation et la diffusion locale, ce qui permet de transformer un tournage en outil pédagogique pour les écoles et les familles.
La combinaison de ces quatre acteurs permet d’atteindre l’objectif fixé : sensibiliser, offrir des repères concrets et proposer des ressources locales pour agir. Lors d’un échange informel, un parent a demandé une liste d’intervenants disponibles à Metz ; j’ai renvoyé vers l’annuaire des actions locales et évoqué le quartier de Metz Nord & Patrotte, où plusieurs initiatives similaires ont déjà eu lieu.
Témoignages : 5 phrases marquantes entendues pendant la journée
Pendant le tournage, j’ai noté des phrases qui, hors-plateau, m’ont aidé à comprendre les enjeux. En voici cinq : « Il rigole pour se protéger », « On l’observe tous », « C’est banal, mais ça s’accumule », « Qui signe pour la première projection ? », « Est-ce qu’on a prévu un médiateur ? ». Ces phrases montrent que les acteurs comprennent l’accumulation des gestes comme un facteur d’aggravation.
Un jeune comédien m’a confié qu’il avait vu une situation similaire « trois fois cette année » dans son collège. Ce chiffre m’a frappé : la répétition transforme la moquerie en système.
💡 Conseil : Si un élève évoque « trois fois » une même situation, cela justifie une réunion formelle avec le chef d’établissement dans la semaine
Ce que j’ai appris pour mon service civique et ce que je recommande aux structures locales
J’ai appris que la mise en scène peut être un outil pédagogique puissant si elle est encadrée. Pour les structures locales, voici trois actions concrètes : organiser une répétition de crise d’une heure avec le personnel encadrant ; prévoir 200 € de budget pour matériel pédagogique distribué aux familles ; planifier une projection publique suivie d’un atelier de 60 minutes animé par un éducateur.
Personnellement, je recommande d’associer systématiquement un référent parental dès la phase écriture du scénario. Cela évite les malentendus et garantit que les messages transmis correspondent aux attentes des familles. Pour appuyer ce conseil, j’ai évoqué des dispositifs existants lors d’une réunion à Bornybuzz, où plusieurs bénévoles ont proposé des formats d’atelier.
Ressources locales et contacts pratiques observés durant la journée
Le jour du tournage, Bornybuzz a laissé des fiches pratiques aux familles et aux enseignants ; une copie papier contenait la liste des intervenants, les coordonnées de l’association La Passerelle au 6 Rue de Normandie et le téléphone de Bornybuzz 03 55 00 18 53. Ces détails concrets facilitent la prise de contact rapide en cas de signalement.
Pour les actions en milieu scolaire, APSIS-Emergence a formalisé un protocole en 5 étapes : observation, intervention immédiate, alerte aux parents, atelier de réparation sociale, et suivi à 30 jours. Ce protocole a été conçu avec des éducateurs professionnels et testé dans deux collèges de Metz.
FAQ
Comment signaler un comportement harcelant observé pendant un tournage scolaire ?
Signalez immédiatement l’incident au responsable de la production et au chef d’établissement, puis obtenez un écrit horodaté. Si la situation concerne un mineur et nécessite un accompagnement, contactez l’association organisatrice (Bornybuzz : 03 55 00 18 53) ou l’établissement scolaire pour mettre en place le protocole d’APSIS-Emergence.
Qui contacter à Metz pour organiser une projection et un atelier de prévention ?
Contactez Bornybuzz pour la diffusion locale et la médiation ; le coordinateur vous indiquera les tarifs et la logistique. Vous pouvez aussi joindre La Passerelle au 03 55 00 13 55 pour des partenariats associatifs et la mise à disposition de salles.
Quelle durée de suivi est raisonnable après une intervention de sensibilisation en milieu scolaire ?
Prévoyez un suivi sur 30 jours avec au moins deux points de contact (éducateur et parent), et une réunion de bilan 48 heures après l’événement pour repérer toute réaction différée.
⚠️ Attention : Ne laissez pas un élève isolé sans contact pendant plus de 7 jours après un incident signalé — cela augmente le risque de récidive
Pour en lire davantage sur des initiatives locales ou retrouver nos autres articles, consultez la rubrique Vie à Metz et la page sur Borny.