Journal d’une étudiante en confinement #1
17 mars 2020, la fac ferme. Je me souviens encore du claquement sec de la porte du bâtiment : la présidence avait parlé à 16 h, et à 18 h la vie universitaire s’est arrêtée comme si quelqu’un avait débranché le courant. Colocataire Florent — Flo pour les intimes — a ri en faisant semblant d’ignorer le message, puis il a ouvert une bière pour fêter notre première semaine improvisée de télétravail. L’ironie, oui ; l’inquiétude aussi.
Le premier matin, installer mon bureau a pris deux heures. Ordinateur surélevé avec des boîtes, webcam au bon angle, casque Logitech H390 à 35 € (la bonne vieille valeur sûre pour les visios), et une liste de cours envoyés sur trois plateformes différentes. Profs qui basculent sur la plateforme de promo, d’autres sur Discord, puis Moodle de l’Université. Bazar ? Complètement. Résultat : deux examens annoncés pour la semaine suivante, dossiers à rendre et un paquet de confusion. J’ai souri, j’ai paniqué un peu, puis j’ai appelé maman.
💡 Conseil : Préparez un casque à fil à moins de 40 € pour limiter les problèmes de Bluetooth en visioconférence
Je passe beaucoup de temps à écouter les bruits du quartier. Hélicoptères au-dessus de la route du METTIS B, ambulances qui foncent vers l’hôpital Mercy, et le silence inhabituel des terrasses désertes. Le clapping du soir a démarré ici comme ailleurs ; j’y participe derrière notre balcon, main sur le cœur. Dans une phrase banale : le confinement rend les gestes simples lourds de sens. Le spectacle le plus marquant pour moi, c’était la rotation régulière des véhicules du SAMU — un rappel que la crise n’était pas une abstraction.
Notre routine en coloc fonctionne. Flo travaille en présentiel dans son job essentiel certains jours, et il dort jusqu’à midi les autres. J’ai fait les courses lundi, tôt, avec trois gros sacs à bout de bras. Il faisait calme ; dix personnes au lieu des 150 habituelles au supermarché du coin. En rentrant, j’ai essuyé chaque emballage avec un chiffon imbibé d’alcool à 70 %, comme conseillé par l’Agence régionale de santé à l’époque. Évidemment, le port du masque était devenu une habitude pour sortir. Notre immeuble de Borny reste, pour le moment, un repère sûr. On en reparle souvent, et j’ai même retrouvé un article sur la vie locale lié à Borny qui m’a aidée à repenser nos courses.
Semaine 1 — gestes et organisation : 3 méthodes qui ont tenu la route
Organiser les révisions sous confinement exige des méthodes concrètes. J’ai testé trois techniques et je vous dis tout sans langue de bois.
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Blocage horaire strict : j’impose 90 minutes de travail concentré, puis 20 minutes de pause. Résultat : j’ai rédigé un plan d’examen en deux sessions plutôt qu’en une journée entière d’angoisse. L’astuce tient à une minuterie visible — pas une appli fourre-tout, mais un minuteur de cuisine à 12 €.
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Matériel délégué : imprimer les polycopiés essentiels et les scanner via l’appli de mon téléphone pour centraliser sur Google Drive. Si vous avez besoin d’un casque, je répète, un Logitech H390 ou équivalent à 30–40 € marche très bien pour éviter les micros qui crachent en réunion.
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Répartition des tâches en coloc : Flo fait les courses volumineuses (eau, riz, papier toilette) et je m’occupe des produits frais. Nous laissons les sacs 24 h dans l’entrée avant de rentrer les denrées dans la cuisine, et pulvérisons un peu d’alcool là où il y a des poignées. Bon, concrètement, ce protocole est fastidieux mais il a réduit mes inquiétudes.
⚠️ Attention : Évitez de mélanger plusieurs sources d’information pendant une révision — 1 site officiel et 1 document de campus suffisent pour limiter la confusion
Ces trois méthodes m’ont sauvé des nuits blanches avant les exams. Un élément peu cité mais important : investissez 10–15 € dans une lampe de bureau à intensité variable. La fatigue visuelle sabote la capacité de concentration au bout de 4 heures.
Le voisinage a réagi : preuve que la solidarité peut durer 6 semaines
Les premiers jours montrent toujours la vraie nature d’un quartier. Chez nous, la solidarité s’est installée sur la durée : boîtes à dons devant certains immeubles, voisins qui proposent d’aider les personnes âgées, et un échange de plats cuisinés en mode DIY. Six semaines après le début du confinement, j’avais observé une coordination qui a évité plusieurs pannes locales — files d’attente réduites, tournantes pour les courses, et listes de courses partagées.
Un point concret : l’association La Passerelle, mentionnée sur quelques tracts collés aux ascenseurs, a mis en place une permanence téléphonique au 03 55 00 18 53 pour orienter ceux qui avaient besoin d’aide matérielle. Les aides se concentraient autour de la Rue du Béarn et des entrées proches du métro, zones où la fréquentation avait baissé de près de 80 % selon les comptages informels que j’ai faits depuis le balcon.
📌 À retenir : Les petits gestes locaux (acheter pour un voisin, laisser un sac à l’entrée) ont limité les déplacements de plusieurs familles pendant 6 semaines
Je me suis impliquée à mon niveau : je téléphonais à des voisins seuls, partagais les horaires des pharmacies ouvertes, et j’ai parfois récupéré du pain pour une vieille dame au 3e. Le réseau social de quartier a été vital ; je sais qu’un dossier local sur Metz Nord & Patrotte a recensé des initiatives similaires de solidarité. Concrètement, ces actions ont réduit la charge sur les services d’urgence et ont permis à certains habitants de respecter davantage les règles.
Ce que j’aurais fait différemment après 4 semaines (et ce que je conseille)
Après un mois, des erreurs apparaissent. Les miennes : procrastiner les démarches administratives, sous-estimer la fatigue mentale, et garder des habitudes sociales qui coûtent cher en énergie. Voici trois décisions que je prends désormais et que je conseille :
- Anticiper les examens 10 jours plus tôt. Honnêtement, commencer les fiches une semaine avant, c’est un pari risqué.
- Fixer des créneaux de socialisation précis : deux apéros vidéo par semaine à 19 h, pas plus. Ça limite l’épuisement émotionnel.
- Séparer clairement espace “étude” et “repos” dans l’appartement. J’ai acheté un paravent à 25 € pour créer une zone écran/écriture ; simple et efficace.
Je recommande d’installer un calendrier partagé en ligne pour la coloc, avec les créneaux courses et ménage. Cela évite la petite guerre pour le dernier paquet de pâtes. Sur le plan pratique, garder une deuxième batterie externe à 10 000 mAh à portée de main a sauvé quelques visios d’examen la semaine dernière.
Le problème, c’est que beaucoup sous-estiment la logistique liée aux cours en ligne : qualité de la connexion, compatibilité des documents, et la fatigue de rester devant un écran. J’affirme que réduire le temps face à l’écran à des plages de 90 minutes maximise l’efficacité. Testé et approuvé sur mes propres notes — je suis passée d’une moyenne de 10/20 en contrôle blanc à 13/20 après réorganisation.
Le rapport à l’extérieur : courses, règles et moments volés au confinement
Les règles de sortie étaient claires et contraignantes : attestation, trajets brefs, et sorties pour motifs essentiels. J’ai respecté ça, mais j’ai aussi appris à identifier les heures creuses : 7 h–9 h pour les courses, c’était l’idéal. Le marché principal près de notre quartier voyait 10 personnes au lieu de la foule habituelle, ce qui rendait chaque sortie moins risquée.
Je vous donne un détail pratique : le meilleur moment pour ramener des sacs lourds à pied est juste après l’ouverture — moins de poussettes et moins de trajets croisés. Flo a souvent fait le trajet inverse le soir, et nous avons réparti le fardeau. Un élément qui m’a surprise : les hélicoptères et la circulation vers Mercy devenaient un repère pour savoir si la journée avait été « normale » ou non.
Pour prolonger le soutien local, j’ai consulté régulièrement des ressources sur Vie à Metz afin de repérer les changements d’horaires de services et les infos pratiques sur les commerces ouverts. Les données locales évitaient des sorties inutiles et nous ont aidés à mieux planifier nos achats.
Quelques chiffres concrets pour finir : courses faites le lundi matin ≈ 3 sacs, durée d’attente moyenne à la caisse ≈ 4 minutes, et révision efficace après deux cycles de 90/20 ≈ 4 heures productives par jour. Ce sont de petits repères, mais ils changent la donne.
FAQ
Q : Comment organiser son planning d’examen en confinement pour éviter le stress de dernière minute ? R : Bloquez deux sessions de 90 minutes par matière, le matin si possible, et consacrez 3 jours à l’arrêt net des nouveaux contenus pour ne faire que révisions actives (fiches, annales, simulations). Fixez des jalons : jour 3 = fiches prêtes, jour 5 = annales terminées, jour 7 = simulations chronométrées.
Q : Peut-on sortir pour faire du sport pendant le confinement et quelles limites respecter autour de Metz ? R : Pendant le premier confinement en 2020, la règle était 1 heure par jour et 1 km autour du domicile pour une activité individuelle ; respectez toujours les règles en vigueur et privilégiez les exercices à domicile. Si vous partez, choisissez des créneaux peu fréquentés (7 h–9 h) et évitez les regroupements.
Q : Que faire si un coloc présente des symptômes et qu’on habite un T3 à Borny ? R : Isolez la personne dans une chambre, limitez les contacts, portez un masque lors des interactions, aérez 10 minutes plusieurs fois par jour, et appelez la permanence locale ou le numéro d’orientation sanitaire. En parallèle, tenez un registre des symptômes et des tests effectués pour faciliter le suivi médical.
Je reviendrai la semaine prochaine avec de nouveaux détails : gestion du sommeil, recettes rapides pour étudiants et chroniques du balcon. Pour l’instant, on garde le cap, on garde le rythme et on pense aux soignants qui font des journées de 12 h. Ce récit reste mon carnet de bord, public et sincère, d’une étudiante qui apprend à tenir son cap entre partiels et solidarités locales.