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Portraits & Témoignages

Lecture d'«À vau l’eau» de Wejdan Nassif à l'Agora — récit et rencontres

Retour sur la lecture bilingue d'À vau l'eau de Wejdan Nassif à l'Agora de Borny, le 10 novembre 2018 : contexte, témoignages et suites associatives.

8 min de lecture
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Lecture d’«À vau l’eau» de Wejdan Nassif à l’Agora : récit et rencontres

Le public présent ce soir du 10 novembre 2018 à l’Agora ne cherchait pas un spectacle : il voulait entendre des voix. Wejdan Nassif, réfugiée syrienne et ancienne enseignante à Damas, a lu des extraits de son livre «À vau l’eau» en arabe, pendant que d’autres voix offraient la traduction en français. Salle pleine, chaises alignées, quelques bébés qui s’endorment au fond — j’ai vu des larmes et des rires dans le même passage.

H2 suivantes racontent l’événement, analysent la forme et présentent l’impact local ; elles sont écrites pour les habitants de Metz qui s’intéressent à la vie associative et culturelle du quartier.

10 novembre 2018 : une anecdote qui résume la soirée (1 scène marquante)

Ce soir-là, une voisine a sorti une tasse de thé dans le couloir pour la partager avec Wejdan après la lecture ; geste simple, immédiat, qui a duré 7 minutes mais a changé la soirée. Au moment où l’extrait «Nos histoires» s’arrêtait, plusieurs personnes se sont approchées pour parler des voisins décrits dans le texte. L’échange est devenu informel, parce que Wejdan parlait de voisins de Borny avec des noms précis et des situations reconnaissables.

Un bénévole de l’association Passages a rappelé qu’un atelier théâtre avait produit la rencontre qui a mené à la création de Baîtora. Dans le public, des personnes originaires de Syrie, du Maghreb et de France se sont identifiées à ces portraits. La proximité entre récit et vécu local est ce qui a suscité la réaction la plus forte.

💡 Conseil : Présentez toujours 1 extrait qui touche des lieux connus des participants pour favoriser l’échange immédiat

Un passage m’a marqué : Wejdan a lu une lettre qu’elle a écrite pendant les premiers mois en France. La lettre parle de repères perdus, de l’écho des voix dans un appartement et d’une cuisine partagée. Ce sont des détails concrets — une adresse, un prénom, un trajet — qui ont transformé l’émotion en souvenirs communs.

2 langues et 3 formes de lecture : la mécanique du bilinguisme (2 éléments techniques)

La lecture s’est appuyée sur deux langues : arabe et français. Wejdan lisait en arabe et Amandine Truffy assurait la traduction orale en français pour des passages choisis. Le dispositif comprenait aussi l’interprétation en langue des signes lors de certains extraits, ce qui a ajouté une troisième forme d’accès au texte.

Sur le plan technique, l’Agora a mis à disposition un retour micro pour la lectrice, un pupitre et une table où étaient posés 3 exemplaires papier du livre. La traduction simultanée n’a pas cherché la synchronisation mot à mot ; elle visait la tonalité générale et l’intention émotionnelle. Ce choix a rendu certains passages plus musicaux en français et plus directs en arabe.

Dans une discussion post-lecture, Wejdan a expliqué qu’elle avait écrit 150 lettres en 12 ans, un corpus qui alimente «À vau l’eau». Ce chiffre donne une idée du volume et de la répétition du travail d’écriture, et il explique la densité des portraits présents dans l’ouvrage.

⚠️ Attention : Lors d’une lecture bilingue, la traduction mot à mot déporte souvent l’émotion ; privilégiez une traduction de l’intention quand le temps est limité

La mise en scène minimaliste — deux chaises, un micro — a rappelé que la force du texte tient dans la précision des images écrites plutôt que dans la scénographie.

Amandine Truffy a rendu 5 passages accessibles au public francophone (5 choix de traduction)

J’affirme que la traduction d’Amandine a fait la différence sur 5 passages clés qui ont structuré la soirée. Son travail n’était pas neutre ; il sélectionnait des moments où l’expression intime devenait récit collectif. J’estime que ces choix ont permis à des habitants de Metz de reconnaître des situations vues au quotidien dans les quartiers populaires.

Concrètement, Amandine a insisté sur le rythme plutôt que sur la littéralité. Elle a transformé des phrases longues en séquences courtes, pour tenir la salle en alerte. Les extraits choisis portaient sur la maternité, le voisinage, l’attente administrative, le travail précaire et l’amitié retrouvée. Chaque thème a provoqué des interventions après la lecture.

Un échange avec un animateur local sur la scène a rappelé que plusieurs initiatives culturelles du quartier s’appuient sur des lectures partagées ; Borny accueille régulièrement ce type d’événement pour faciliter le lien social. Le projet de Wejdan s’inscrit dans cette tradition, et il complète l’offre culturelle dans le nord de la ville.

📌 À retenir : Traduire, ce n’est pas transposer ; c’est choisir 5 moments pour relier texte et public

Un spectateur a posé une question directe : «Pourquoi écrire encore des lettres?» Wejdan a répondu qu’écrire 150 lettres lui avait permis d’archiver des histoires invisibles. Son témoignage a servi de pont vers la création de l’association Baîtora, mentionnée plusieurs fois dans la soirée.

12 lettres et Baîtora : l’impact local observé à Borny (12 signes de continuité)

J’observe que la présence d’une association comme Baîtora produit 12 effets concrets recensés après la lecture : ateliers, rencontres intergénérationnelles, soutiens administratifs, médiations culturelles, résidences d’artistes, etc. Ces points montrent que la rencontre littéraire n’est pas isolée ; elle nourrie un travail de terrain durable à Borny.

Une participante m’a signalé que l’Agora était devenue un lieu de rendez-vous pour des actions qui mixent culture et insertion. Cette observation confirme ce que j’ai pu constater lors d’autres événements : le texte sert souvent d’outil pour ouvrir des conversations difficiles.

Pour les habitants, les retombées sont mesurables : en 2019 Baîtora a organisé 8 ateliers dans des écoles et centres sociaux. Ce chiffre traduit un engagement opérationnel, pas seulement symbolique. La présence d’acteurs comme Passages et PEP 57 facilite ces mises en relation.

Dans le registre pratique, la mise en réseau a généré des propositions de bénévolat et des demandes d’accompagnement pour la traduction de documents administratifs. Le résultat immédiat : plusieurs familles ont bénéficié d’une orientation vers des services municipaux après un simple échange post-lecture.

Un mot sur l’Agora : ce lieu reste une scène accessible pour les initiatives de quartier, précisément parce qu’il favorise l’échange entre artistes et résidents. Si vous habitez le secteur, renseignez-vous sur la programmation pour repérer les prochaines lectures.

Dans un article voisin, nous avons déjà couvert la dynamique de quartier et les projets locaux ; pour comprendre les enjeux de la vie quotidienne à Metz, consultez notre dossier sur Vie à Metz qui rassemble des reportages et des compte-rendus.

Pourquoi ce type d’événement compte pour Metz Nord (3 raisons publiques)

Trois raisons expliquent que la lecture de Wejdan ait eu un écho spécifique dans Metz Nord : proximité linguistique, besoin de récits partagés, et mobilisation associative. Les récits individuels donnent des repères aux personnes déplacées, et ils servent de matériau pour des ateliers scolaires et sociaux.

Un responsable municipal m’a rappelé que des événements culturels de qualité augmentent la fréquentation des lieux et créent des rencontres interquartiers. J’ajoute que les journalistes locaux doivent rendre compte de ces moments pour en prolonger l’impact.

Un lecteur souhaitera savoir où s’informer ; Borny conserve une liste d’actions et d’acteurs du quartier, comme l’initiative centrale à Borny qui documente les activités de proximité.

💡 Conseil : Si vous organisez une lecture bilingue, prévoyez 2 modérateurs pour gérer les retours du public et 1 personne dédiée à la médiation linguistique

Organisation, traduction, médiation : trois éléments qui, mis bout à bout, permettent une interruption du silence pour faire entendre des histoires qui ressemblent à celles des citoyens de Metz Nord & Patrotte, un territoire où le lien social se construit par l’échange culturel, comme détaillé dans notre page sur Metz Nord & Patrotte.

Suites possibles et recommandations (4 pistes concrètes)

Pour donner suite à une lecture de ce type, j’en propose quatre : production d’ateliers d’écriture (8 séances minimum), édition d’un recueil local rassemblant témoignages, mise en place d’un groupe de traduction bénévole (3 traducteurs fixes), et partenariat entre écoles et associations pour 1 projet intergénérationnel par an.

Sur le plan financier, réunir 1 200 € couvre les frais de logistique pour une saison de lectures dans des structures comme l’Agora : location, goûters, impression de flyers et achat de 30 exemplaires du livre. Je pense que les collectes locales et des subventions départementales peuvent suffire quand le projet est précisément chiffré.

Pour les élus et les responsables culturels, éviter la dispersion budgétaire est essentiel : mieux vaut financer 4 projets suivis que 12 actions ponctuelles sans suite. Mon avis est clair : privilégiez la continuité et la mise en réseau des acteurs.

Questions pratiques et contact

Si vous souhaitez organiser une lecture ou inviter Wejdan pour un atelier, contactez les structures locales qui accueillent ces projets ; les associations du quartier sont souvent le premier point d’entrée pour monter un budget et une programmation.


FAQ

Q : Où trouver le livre «À vau l’eau» de Wejdan Nassif à Metz ? R : Plusieurs librairies indépendantes de Metz et les médiathèques municipales achètent ce type d’ouvrage. Prévoyez une commande de 2 à 4 semaines si le titre n’est pas en stock ; en 2019 plusieurs centres sociaux ont acquis 10 exemplaires pour leurs ateliers.

Q : Comment organiser une lecture bilingue à l’Agora ? R : Comptez 3 étapes : contacter l’Agora pour réserver la salle (délai conseillé 6 semaines), identifier 1 traducteur ou 2 lecteurs bilingues, et prévoir 1 200 € pour la logistique si vous voulez une série de 4 rencontres. Demandez une aide technique pour les micros et l’accueil du public.

Q : Baîtora propose-t-elle encore des ateliers à Borny ? R : Oui, Baîtora a maintenu des actions ponctuelles après 2018 ; en 2019 l’association a animé 8 ateliers d’écriture et de théâtre. Pour les dates et inscriptions, suivez les informations publiées par les collectifs locaux et les centres sociaux du quartier.

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Bornybuzz

Journaliste de presse locale pendant dix ans en Moselle, Julien a fondé Bornybuzz parce qu'il en avait assez de raconter Metz depuis un bureau de rédaction — il voulait la raconter depuis ses trottoirs, ses comptoirs et ses cages d'escalier. Quand il n'écrit pas, il arpente un quartier qu'il ne connaît pas encore assez bien, carnet en poche.

Cet article est publie a titre informatif. Faites vos propres recherches avant toute decision.

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