Le 10 novembre 2018, à l’Agora de Borny, le public n’est pas venu chercher un spectacle. Il est venu écouter Wejdan Nassif, réfugiée syrienne et ancienne enseignante à Damas, lire des extraits de son livre «À vau l’eau». Elle lisait en arabe, Amandine Truffy traduisait à voix haute en français. Salle pleine, chaises alignées jusqu’au fond, quelques bébés endormis dans les bras de leur mère.

La salle a pris la parole avant la fin

À la fin d’un extrait, plusieurs personnes se sont approchées du pupitre pour parler des voisins décrits dans le texte. Wejdan parle de gens avec des prénoms et des situations reconnaissables, et c’est ce qui a fait basculer la soirée en discussion. Un bénévole de l’association Passages a rappelé qu’un atelier théâtre tenu là quelques mois plus tôt avait produit la rencontre qui mènerait à Baîtora. Dans le public, des personnes venues de Syrie, du Maghreb, de Metz, ont reconnu des fragments de leur propre histoire.

Wejdan en arabe, Amandine en français

La traduction ne cherchait pas la synchronisation mot à mot. Elle visait la tonalité, l’intention. Certaines phrases sont devenues plus musicales en français, plus directes en arabe. Amandine Truffy a transformé des phrases longues en séquences courtes pour tenir la salle, et choisi des passages qui parlaient de maternité, de voisinage, d’attente administrative, de travail précaire, d’amitié retrouvée. Chaque thème a déclenché des interventions, parfois une simple question lancée du public : «Pourquoi écrire encore des lettres ?» Wejdan a répondu que c’était sa façon d’archiver des histoires qui n’apparaissent nulle part ailleurs. «À vau l’eau» est composé de ces lettres, écrites depuis son arrivée en France, et c’est ce qui donne au livre sa densité de portraits.

La mise en scène était minimaliste : deux chaises, un micro, un pupitre. La force tenait au texte, pas à la scénographie. À l’arabe répondait le silence quand la traduction tombait, puis le français, puis encore un silence avant la lettre suivante. Pour les arabophones dans la salle, la version originale portait des inflexions qu’aucune traduction ne rend tout à fait. Pour les francophones, la version d’Amandine faisait office de sous-titre lent. C’est la mécanique propre des lectures bilingues : on entend deux fois, autrement.

Baîtora, ce qui s’est noué là

L’association Baîtora, «ma maison» en arabe, est née de cette suite de rencontres entre le centre social et l’Agora. Elle organise depuis des ateliers d’écriture et de théâtre dans le quartier, en lien avec Passages. La lecture du 10 novembre n’était pas isolée : c’était un point de continuité dans un travail de fond sur la mise en récit de vies déplacées.

Ce qu’une soirée comme ça raconte du quartier

À l’Agora, on n’a pas trop l’habitude des lectures littéraires. Mais le format prend ici, parce que les portraits que Wejdan dresse dans son livre, voisinage, démarches, maternité, ressemblent à ceux qu’on croise au marché du mercredi ou à l’arrêt République. Ce n’est pas du grand récit national. C’est de la chronique de couloir, transposée dans un livre. Et c’est exactement ce type de récit dont Borny a besoin pour se voir autrement que dans la rubrique faits divers du Républicain.


Questions fréquentes

Où trouver «À vau l’eau» de Wejdan Nassif à Metz ?

Plusieurs librairies indépendantes de Metz et les médiathèques municipales le commandent sur demande. Compter quelques semaines si le titre n’est pas en stock.

Comment organiser une lecture bilingue à l’Agora ?

Contacter directement l’équipe de l’Agora pour la réservation de salle. Prévoir au moins un traducteur ou deux lecteurs bilingues, et un temps d’échange après la lecture. Les structures du quartier comme Passages aident souvent au relais.

Baîtora propose-t-elle encore des ateliers à Borny ?

Oui, l’association continue d’organiser des actions ponctuelles d’écriture et de théâtre. Pour les dates, suivre les communications des centres sociaux du quartier et de l’Agora.

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