Les théories du complot : Qu’est-ce que c’est ?

Une théorie du complot est une explication d’un événement historique (ou d’événements historiques) fondée sur le rôle causal d’un petit groupe d’individus agissant en secret. De nombreuses théories du complot sont en circulation sur Internet et les réseaux sociaux. Avec le temps, nous constatons que les connaître ne suffit pas et qu’il est préférable d’entraîner son esprit critique.

Si tout le monde a déjà entendu parler des théories du complot, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles ne sont pas évidentes à définir : « un genre d’hypothèse fictive à laquelle certains croient et d’autres ne croient pas », « une théorie portant sur des faits non avérés » pour certains, « une théorie dont la véracité n’est pas acquise et que les gens essaient de résoudre », « une pensée commune partagée par plusieurs personnes » ou encore « une histoire basée sur des faits pseudo-scientifiques » pour d’autres.

Selon un sondage effectué par la fondation Jean Jaurès et Conspiracy Watch fin 2018, 28% des 18 – 24 ans et 9% des plus de 65 ans adhèrent à au moins 5 théories du complot. Ces chiffres sont suffisamment surprenants pour que l’on s’intéresse au sujet, car vivre en société implique que nous soyons d’accord sur quelques grands principes comme le fait que la Terre n’est pas plate, que les personnes qui nous dirigent ne sont pas des reptiliens ou encore que les Américains ont bien marché sur la Lune en 1969.

Les théories du complot attirent préférentiellement les personnes conservatrices qui ont peur du changement.

Pour comprendre les théories du complot, il faut s’intéresser à trois aspects principaux : les faits et la vérité, le rôle d’internet dans leur propagation et le raisonnement et la logique propres au conspirationnisme. Ce dernier n’est, en effet, pas qu’une croyance dans des histoires inventées ou des vérités contestées, il s’agit également d’une façon de penser.

Pour comprendre le phénomène, Bornybuzz a interviewé une dizaine de jeunes gens sur leurs connaissances des principales théories du complot :

Première partie de notre documentaire sur les théories du complot

Les faits et la vérité

Les théories du complot sont nombreuses. Certaines sont anciennes et ont la peau dure. D’autres sont plus récentes et évoluent selon les circonstances. Ainsi, dès qu’un évènement tragique se produit, les réseaux sociaux se mettent à fourmiller d’hypothèses plus ou moins saugrenues, plus ou moins crédibles, mais toujours avec l’objectif d’attribuer une cause à l’évènement, comme si le hasard n’existait pas.

Les théories du complot se basent sur un fait réel et incriminent un groupe soit-disant malveillant, qui aurait une intention cachée.

Généralement, ces explications sont mono-causales, c’est-à-dire qu’elles présentent une version simplifiée de la réalité. Elles ont aussi la particularité d’être séduisantes pour l’esprit. Ainsi, depuis le 11 septembre 2001, certains préfèrent croire que le gouvernement américain a délibérément laissé les attentats du World Trade Center se produire plutôt que de le juger incapable de les protéger. D’autres vont penser que le monde est, en réalité, gouverné par des minorités qui tirent les ficelles en secret. C’est le cas, par exemple, des Illuminati, qui ont bel et bien existé en Bavière au XVIIIème siècle mais qui ont été dissous parce que leurs idées progressistes étaient contraires à celles du pouvoir en place. Les théories du complot incriminant la franc-maçonnerie viennent également du fait que cette dernière a participé à la propagation d’idées, comme la démocratie et la laïcité, qui ont abouti à la Révolution Française et mis fin à la monarchie en 1789. Il semblerait alors que les théories du complot attirent préférentiellement les personnes conservatrices qui ont peur du changement.

Le rôle d’internet

La prolifération des théories du complot est, en partie, due à Internet et aux réseaux sociaux. En effet, alors que les personnes n’adhérant pas aux théories du complot vont passer à autre chose après avoir lu un article ou visionné une vidéo sur le sujet, les personnes croyantes vont commenter ou partager le contenu en question. Les algorithmes qui gèrent les réseaux sociaux et les moteurs de recherche vont alors le considérer comme pertinent et le proposer à d’autres internautes. On se retrouve ainsi avec des contenus qui intéressent finalement peu de monde mais dont l’intérêt est gonflé artificiellement parce que le peu de personnes qui interagissent avec sont très motivées.

Raisonnement et logique

S’il y a une chose à savoir sur les personnes qui adhèrent aux théories du complot, c’est qu’elles ne sont pas folles. Elles seraient même plus motivées et curieuses que la plupart de leurs contemporains. Ces théories exploitent juste nos biais cognitifs, c’est-à-dire des faiblesses naturelles de notre cerveau. Les plus connus sont le biais de confirmation (la tendance à considérer comme vrai ce qui vient conforter son opinion) et le biais d’intentionnalité, qui fait surestimer le rôle de causes intentionnelles dans la survenue d’un événement et nie ainsi l’existence du hasard.

C’est parce que certains arguments utilisés dans les théories du complot peuvent nous paraître vraisemblables que nous arrêtons de douter et finissons par adhérer à l’intégralité de la théorie. En effet, celle-ci se présente comme un mille-feuilles argumentatif, c’est-à-dire un empilement d’arguments. Il est alors difficile pour un non-initié de déterminer ceux qui sont vrais, ceux qui sont plausibles et ceux qui sont faux. 

En plus de cet empilement d’arguments, ce qui caractérise principalement ces théories, c’est le fait qu’elles se basent souvent sur un événement réel (catastrophes naturelles, attentats terroristes, crises politiques, etc.) et qu’elles incriminent un groupe soit-disant malveillant (une minorité, les autorités, le gouvernement, les multinationales), qui aurait une intention cachée (généralement, dominer le monde).

Tous complotistes ?

Si l’on constate que les jeunes gens que nous avons interviewés connaissent, pour la plupart, les principales théories du complot en circulation, on remarque également qu’ils ont tendance à se méfier de certains médias et du gouvernement. Ce qui viendrait finalement illustrer le vieil adage qui dit que : à force de douter de tout, on finit par ne plus croire en rien ! La preuve en images :

Deuxième partie de notre documentaire sur les théories du complot

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