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Portraits & Témoignages

Portrait d'engagé : Kashif, volontaire Coop'R d'Unis‑Cité à Metz

Kashif, 25 ans, arrivé en France en 2018, raconte son périple de 7 pays et son engagement à Unis‑Cité Metz. Récit, chiffres et pistes concrètes pour s'engager à Borny.

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Portrait d’engagé : Kashif, volontaire Coop’R d’Unis‑Cité à Metz

Il a traversé 7 pays avant d’entrer en France

L’histoire commence avec une valise légère et des souvenirs lourds. Originaire de Nangarhar, à l’est de Kaboul, Kashif a quitté l’Afghanistan à 20 ans et a traversé 7 pays pour rejoindre l’Europe. Les frontières franchies incluent le Pakistan, l’Iran, la Turquie, la Grèce, la Serbie, la Croatie et l’Italie, avant d’entrer en France en 2018.

Sur le trajet, il a alterné petits boulots et séjours en détention pour absence de papiers. Ces années l’ont façonné : « J’ai marché, travaillé trois jours d’affilée pour quelques euros, et appris à repérer les bonnes associations », dit-il. Dans plusieurs villes, il a noué des contacts avec des bénévoles qui l’ont orienté vers des dispositifs d’accueil en France.

L’intégration à Metz a pris du temps. Un ami rencontré lors d’un chantier de solidarité l’a mis en relation avec des acteurs locaux ; cette porte d’entrée a facilité sa rencontre avec Unis‑Cité. Son engagement à Borny est raconté dans nos pages locales, et on perçoit comment les réseaux de quartier aident concrètement, comme le montre l’article sur le territoire de Borny où des projets citoyens se montent régulièrement.

💡 Conseil : Préparez une lettre de motivation de 1 page en français et citez 3 expériences pratiques pour vos candidatures au service civique

2018 a marqué le dépôt de sa demande d’asile à Paris

L’année 2018 reste gravée pour une raison précise : c’est le moment où il a demandé la protection internationale en France. Après l’arrivée à la frontière, il a pris le train jusqu’à Paris puis entamé les démarches administratives. Les délais ont été longs ; certains rendez‑vous ont été programmés à plus de 6 mois, ce qui a compliqué l’accès au logement et au travail.

Pendant l’instruction de son dossier, il a enchaîné divers petits emplois — restauration, manutention, nettoyage — pour tenir. Cette période a servi d’entraînement au français quotidien. L’élément déclencheur vers l’engagement citoyen est venu quand son assistante sociale lui a présenté le service civique et les missions Coop’R d’Unis‑Cité, conçues pour mettre en binôme réfugiés et bénéficiaires francophones afin de faciliter l’insertion linguistique et sociale.

Unis‑Cité propose des missions en général de 6 à 9 mois et la plupart demandent environ 24 heures hebdomadaires ; l’indemnité mensuelle tourne autour de 580 € selon l’année et le profil du volontaire. Pour Kashif, ce statut a été transformateur : il a obtenu un emploi du temps stable, des référents, et surtout la possibilité de pratiquer le français tous les jours sur des actions concrètes.

⚠️ Attention : Les délais administratifs peuvent dépasser 6 mois ; prévoyez une aide sociale ou associative pour maintenir la stabilité financière pendant l’instruction

Le français, 2 objectifs : traducteur puis interprète

Aujourd’hui, la priorité de Kashif est claire : consolider son français pour viser d’abord un titre professionnel puis la formation d’interprète. Son plan comporte deux étapes chiffrées : stabiliser un niveau B2 en 12 mois, puis suivre une formation spécialisée de 18 mois en traduction/interprétation si le financement se confirme.

Chaque semaine, il consacre 10 heures aux cours de français et 8 heures à la médiation de quartier. Le choix de la traduction vient d’une observation simple — il traduit déjà pour des voisins, des familles et des rendez‑vous administratifs. Je pense que la voie de l’interprétariat est le meilleur choix pour quelqu’un qui veut lier utilité sociale et employabilité : un interprète peut gagner entre 1 600 € et 2 200 € brut par mois en début de carrière en France, selon les missions et la région.

Sur le terrain, il participe à actions locales où la présence d’un médiateur linguistique change les choses. Par exemple, sur des ateliers santé ou des permanences logement, sa capacité à expliquer un dossier en dari et en farsi facilite les démarches pour plusieurs familles de Borny, une dynamique que l’on retrouve souvent dans nos comptes rendus sur Metz Nord & Patrotte.

📌 À retenir : Un niveau B2 ouvre l’accès à la plupart des formations professionnelles locales ; visez‑le en 12 mois avec un plan d’études

3 gains concrets de son service civique à Borny

Résumer l’effet du service civique en chiffres aide à convaincre. Pour Kashif, j’identifie trois gains tangibles : l’amélioration linguistique (+2 niveaux sur l’échelle CECRL en 9 mois), l’augmentation du réseau (contacts avec 12 associations locales) et l’expérience professionnelle validée sur le CV (6 missions réalisées en médiation et animation).

La progression linguistique se traduit par des situations pratiques : animer un atelier enfants, conduire une visite de quartier ou assurer une traduction pour un rendez‑vous médical. Ces compétences sont valorisées lors des entretiens ; Kashif a obtenu une mention favorable lors d’un recrutement local en citant précisément son rôle chez Unis‑Cité et les actions menées avec La Passerelle.

Concrètement, son emploi du temps type à Metz est de 24 heures hebdomadaires dédiées aux missions et 10 heures d’apprentissage autonome. Ce rythme a permis une insertion progressive sans rupture sociale. Pour les jeunes qui se posent la question, j’evite les promesses : le service civique n’est pas un sésame immédiat vers l’emploi, mais il change les conditions d’accès à la formation et aux réseaux.

💡 Conseil : Lors d’un entretien, décrivez 2 projets précis (dates, rôle, résultat chiffré) pour convertir un volontariat en expérience valorisée

Les actions qu’il porte et ce que cela change pour Borny

Sur le terrain, il coordonne des binômes de tutorat entre jeunes francophones et bénéficiaires de protection internationale. Les actions ciblent trois axes : apprentissage du français, accompagnement administratif et sorties culturelles. En 2025, le groupe a organisé 8 sorties locales (bibliothèques, musées, piscines), ce qui a amélioré la fréquentation des équipements municipaux de 27 % pour les participants du projet.

Je critique parfois l’organisation des dispositifs quand les financements coupent trop vite : mieux vaut préparer une suite de 3 à 6 mois pour prolonger l’impact. Ici, la complémentarité avec les acteurs locaux rend l’effort efficace ; la coordination entre Unis‑Cité, La Passerelle et d’autres acteurs de Vie à Metz a permis de transformer quelques interventions isolées en parcours complets pour 14 participants en 2024.

Sur l’aspect personnel, il raconte qu’il a retrouvé le plaisir de s’investir : « Avant, j’avais peur des rendez‑vous ; maintenant, je les prépare et j’aide d’autres personnes à faire pareil. » Cette affirmation simple résume pourquoi l’engagement en service civique vaut parfois plus qu’une indemnité : il construit des habitudes et un statut social.

⚠️ Attention : Un engagement de 24 heures par semaine demande une organisation stricte ; gardez une marge de 6 heures pour imprévus administratifs

Comment postuler et quoi préparer

Pour candidater à Coop’R, il faut réunir quelques éléments concrets : un CV d’une page en français, une lettre de motivation ciblée sur 200–300 mots, et la disponibilité pour 24 heures hebdomadaires pendant 6 à 9 mois. Les entretiens évaluent la motivation pour le travail de médiation et la capacité à tenir un binôme.

Choisissez des exemples chiffrés : décrivez 2 missions (date, lieu, résultat) et préparez une courte présentation orale de 3 minutes. Les recruteurs cherchent des candidats stables et prêts à travailler en équipe ; l’aptitude à la traduction de base est un plus mais pas obligatoire.

Sur le plan pratique, il faut prévoir un déplacement régulier vers Borny et monter un dossier d’inscription avec l’aide d’une assistante sociale ou d’une association locale. Dans la plupart des cas, Unis‑Cité organise une session d’information et un calendrier de formation initiale pour les volontaires retenus.

Pourquoi ce portrait importe pour Metz

Metz gagne quand des parcours comme celui de Kashif existent : la ville capte des talents, renforce la cohésion et fait fonctionner ses équipements. Pour moi, investir sur ces parcours est le meilleur choix politique parce que les retours mesurables — emplois, formations, participation civique — sont rapides et visibles.

Les retombées locales dépassent l’individu. Un volontaire qui devient traducteur multiplie d’autant la capacité d’accueil d’un territoire ; il réduit la dépendance aux prestataires externes et crée une compétence locale. C’est un cercle vertueux qui commence par une candidature et passe par des actions simples : ateliers de 10 personnes, permanences hebdomadaires, et bilans trimestriels avec partenaires.

FAQ : 3 questions pratiques sur le service civique à Metz

Q1 — Combien perçoit un volontaire en service civique ? R1 — L’indemnité est d’environ 580 € par mois pour la plupart des contrats de service civique ; des aides complémentaires (logement, transport) peuvent être attribuées par certaines structures. Vérifiez toujours le détail proposé dans l’offre de mission.

Q2 — Quelle durée et quel volume horaire pour une mission Coop’R ? R2 — Les missions durent généralement entre 6 et 9 mois, avec une amplitude de 24 heures hebdomadaires courante pour les binômes Coop’R. Certaines missions peuvent monter jusqu’à 35 heures si la structure le demande.

Q3 — Quels documents préparer avant de postuler ? R3 — Préparez un CV d’une page, une lettre de motivation de 200–300 mots, et deux références (associations ou employeurs). Une pièce d’identité et, si nécessaire, un justificatif de domicile seront demandés lors de la phase de validation administrative.


Bornybuzz — Récit et suivi des initiatives locales à Metz. Si vous souhaitez lire d’autres portraits de quartier, notre dossier sur Metz Nord & Patrotte revient sur les dynamiques citoyennes locales et le panorama des acteurs de Vie à Metz.

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Journaliste de presse locale pendant dix ans en Moselle, Julien a fondé Bornybuzz parce qu'il en avait assez de raconter Metz depuis un bureau de rédaction — il voulait la raconter depuis ses trottoirs, ses comptoirs et ses cages d'escalier. Quand il n'écrit pas, il arpente un quartier qu'il ne connaît pas encore assez bien, carnet en poche.

Cet article est publie a titre informatif. Faites vos propres recherches avant toute decision.

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