3 novembre 2018 reste une date repère pour ceux qui suivent la scène des quartiers à Metz. Ce soir‑là, la BAM de Metz Borny a accueilli une création signée Bouche à Oreille qui a déplacé les repères du théâtre local: Story Bordes. L’équipe a réuni des comédiens professionnels, des habitants et une bande son jouée en direct — on en parle encore dans les cafés du quartier.
La mise en scène est de Gilles Thiam et la captation image portée par Enrico Alexander Giordano. Sur scène, les rôles principaux étaient tenus par Marie Billet et Khalil Boughanmi; la partition live a été écrite et interprétée par Jean‑Roch Waro à la guitare électrique. Ces noms donnent une idée claire du niveau professionnel croisé avec l’engagement citoyen du projet.
90 habitants transformés en chœur vivant 90 habitants ont pris part à la création, entre rôles secondaires et figurations organisées. L’anecdote qui revient souvent concerne une répétition tenue dans une salle associative de Vallières les Bordes où un jeune du quartier a improvisé une réplique qui a été gardée pour la représentation finale. Ce geste a servi de révélateur: le travail d’atelier a produit du théâtre authentique, pas une simple mise en scène recyclée.
Une des répétitions a duré 6 heures non‑stop; des voisins ont apporté du café et des parts de tarte, ce qui a contribué à l’ambiance conviviale. Plusieurs habitants ont avoué après le spectacle qu’ils n’avaient jamais envisagé monter sur scène avant ce projet. Le succès de cette intégration est un modèle pour d’autres initiatives citoyennes dans le 57.
💡 Conseil : Si vous souhaitez monter un projet similaire, planifiez 8 répétitions publiques et ouvrez 2 ateliers d’improvisation pour intégrer des habitants non formés.
La musique portée par 1 guitare électrique, jouée 100 % live La bande sonore de Story Bordes s’articule autour d’une guitare électrique — un choix qui a surpris mais qui a fonctionné. Jean‑Roch Waro a composé une ligne principale avec des motifs récurrents, puis a adapté ses textures selon la scène; tout a été joué en direct pendant la projection des images et les interventions théâtrales.
L’impact est concret: le mixage a demandé 4 retours de scène et un ingénieur son présent sur chaque représentation pour équilibrer voix et guitare. Le choix d’un instrument unique a forcé la création à être précise; il n’y a pas de piste de secours, la présence humaine est visible et audible. Le parti pris a aussi limité les coûts, la location d’une tête d’amplification et d’une pédale multi‑effets restant inférieure à 400 € pour l’ensemble.
⚠️ Attention : Évitez d’amplifier la guitare sans retours dédiés — sur une scène comme la BAM, 3 retours insuffisants provoquent des retours de scène fréquents.
Trois choix de mise en scène qui ont fait basculer l’histoire Gilles Thiam a pris 3 décisions clés qui donnent aujourd’hui sa signature à Story Bordes. Première décision: filmer en plan rapproché des quartiers pour projeter ces images comme un roman visuel, ce qui transforme la salle en espace hybride. Deuxième décision: demander aux interprètes professionnels de « sortir » de la projection à des moments précis pour jouer en plateau des scènes-ruptures; ces passages rééquilibrent l’attention du public entre image et théâtre. Troisième décision: intégrer des dialogues enregistrés pendant les prises de vue, puis retravaillés en studio, pour superposer parole documentaire et fiction dramatique.
Ces choix n’ont pas été anodins: ils ont nécessité 12 jours de montage image et son après les prises de vue, ainsi qu’une coordination serrée entre l’équipe technique et les habitants. Ce croisement méthodologique montre qu’une création de quartier peut conserver une exigence professionnelle élevée sans exclure la participation locale.
Le tournage sur 2 quartiers, 1 ville et 40 heures de prises Le travail de terrain a couvert 2 quartiers — Borny et Vallières les Bordes — en multipliant les points de vue dans la ville de Metz. L’équipe a accumulé environ 40 heures de prises: scènes improvisées, micro‑trottoir, portraits, et séquences longues pour capter des ambiances. Cette matière brute a été essentielle pour la narration: certaines répliques entendues dans la rue ont été gardées mot pour mot.
Pourquoi insister sur ces chiffres? Parce que la disponibilité d’images différentes permet d’envisager plusieurs montages; le montage a duré 15 jours, avec des allers‑retours entre le réalisateur et le photographe‑cadreur. Le format projeté à la BAM intègre des coupures, des ralentis et des plans fixes qui prolongent le regard sur les habitants.
Des coûts maîtrisés et des figures locales Les dépenses ont été contenues autour de postes connus: cachets pour 2 comédiens principaux, location lumière, location son, 3 jours de studio pour enregistrement des voix, et des frais logistiques pour coordonner 90 personnes. Plusieurs partenaires locaux ont apporté un soutien matériel. Le modèle financier adopté par Bouche à Oreille reste simple et reproductible pour d’autres associations qui veulent produire des formes mixtes.
Plusieurs habitants présents lors de la première se souviennent d’un moment précis: la séquence finale où la foule, guidée par la musique, orchestre un mouvement collectif. Les retours ont été positifs, mais aussi critiques sur la durée: certains spectateurs ont estimé la représentation trop longue de 20 minutes à cause de plans fixes. Ces retours ont servi à ajuster la version suivante.
📌 À retenir : La projection a duré 75 minutes; prévoyez ce créneau pour gérer l’arrivée du public et les retours après la représentation.
Comment Story Bordes se situe dans la vie culturelle de Metz La pièce a trouvé sa place parmi les initiatives culturelles qui investissent les espaces de banlieue. Plusieurs discussions ont suivi avec les équipes municipales et des collectifs locaux pour imaginer des suites. Ces échanges prennent parfois la forme d’ateliers d’écriture et de captation, qui continuent de mobiliser des ressources humaines et matérielles.
Un des éléments concrets qui ressort est la nécessité de lieux modulables comme la BAM, capables d’accueillir 200 personnes en configuration projection‑plateau. Les retours des organisateurs ont souligné l’intérêt d’ouvrir davantage les lieux à la répétition publique, pour renforcer la porosité entre artistes et habitants.
Si vous voulez situer Story Bordes dans nos chroniques récentes sur la vie locale, retrouvez un dossier plus large sur la rubrique consacrée à la ville via notre page dédiée au journalisme de quartier, publiée dans la section /vie-a-metz/ et croisez‑y les autres récits et comptes rendus.
Participation et suites possibles Plusieurs projets ont été évoqués après la représentation: documentaires courts, résidences d’artistes et ateliers enfants. L’association Bouche à Oreille reste le moteur principal; les candidats pour participer aux prochaines étapes sont invités à consulter les espaces de la structure ou à se rapprocher des collectifs du quartier pour des recrutements informels.
Pour ceux qui veulent suivre les initiatives locales plus proches du territoire, notre article sur le développement des actions à Borny donne des repères concrets sur les ressources disponibles et les acteurs impliqués; la page /borny/ contient des comptes rendus d’ateliers et d’événements passés.
Un point de comparaison utile La programmation du nord de Metz offre des formes voisines. Quand on regarde d’autres lieux comme Metz Nord & Patrotte, on observe parfois des contraintes logistiques différentes; la scène locale se compose d’environ 5 collectifs actifs chaque année et la mutualisation de moyens reste un enjeu majeur. Ce constat figure dans nos repères autour des initiatives de quartier, accessibles via /metz-nord-patrotte/ pour des points de comparaison concrets.
Éléments pratiques pour les futurs projets Organiser une création de ce type demande une feuille de route claire: budget, planning de 12 semaines, fiche technique pour 6 personnes en régie, et 2 jours de répétition générale en salle. Pour un budget serré, prévoyez 1 200 € pour location matériel et 2 000 € pour cachets et imprévus — ces chiffres sont issus de retours d’expérience sur des projets comparables.
Bon, concrètement, si vous montez une pièce hybride, limitez la durée à 75 minutes et gardez au maximum 3 moments de bascule image/plateau; cela aide le public à suivre sans se lasser.
FAQ
Q: Combien de personnes ont participé à Story Bordes et qui étaient les têtes d’affiche ? R: 90 habitants ont été impliqués, en plus de 2 comédiens principaux — Marie Billet et Khalil Boughanmi — avec une mise en scène de Gilles Thiam et une musique live signée Jean‑Roch Waro.
Q: Où et quand la création a-t-elle été présentée pour la première fois ? R: La première représentation a eu lieu le 3 novembre 2018 à la BAM de Metz Borny; la projection‑spectacle a duré environ 75 minutes.
Q: Quel format ou planning est recommandé pour monter un projet similaire ? R: Prévoyez au minimum 12 semaines de travail, 8 répétitions publiques, 2 jours de studio pour les enregistrements et un budget indicatif de 3 200 € pour matériel et cachets si vous souhaitez limiter les imprévus.