Le sexting et la sexualité des adolescents sur internet

Le numérique est maintenant bien implanté dans nos vies, pourtant ils pose encore beaucoup de questions. Notre médiateur numérique est souvent amené à intervenir sur des questions de parentalité.
Vous pouvez aussi lui poser vos questions sur Facebook, Twitter, ou via le formulaire de contact. Il vous répondra sur Bornybuzz.

Sur Internet, la sexualité des adolescents se manifeste à travers les contenus qu’ils produisent et ceux qu’ils visionnent. Dans les deux cas, il est nécessaire de replacer ces usages dans le cadre de l’adolescence. À cet âge, l’adolescent doit apprendre à gérer ses premiers émois, ainsi que les angoisses inhérentes à la découverte de la sexualité. Ici, les outils numériques sont utilisés à des fins d’expérimentation, de découverte de soi et des autres.

Les contenus produits

Les contenus qu’ils produisent sont plus ou moins explicites, plus ou moins sublimés, plus ou moins maîtrisés. Un selfie publié sur un profil en public renvoie à la question « suis-je désirable ? » ; alors qu’un nude envoyé à quelqu’un en particulier peut être un moyen d’attirer son attention ou de pimenter une relation existante ou en devenir. Les dédipics assurent cette double fonction. En inscrivant sur son corps le prénom ou le pseudo d’une personne, l’adolescent fait savoir aux autres que untel a un statut particulier. La photo est alors considérée comme un cadeau si elle est échangée entre les protagonistes ou comme une officialisation de la relation si elle est partagée en public.

Les adolescents doivent découvrir leur corps en changement et les désirs qui apparaissent. Ils doivent apprendre la sexualité, être rassurés et accompagnés.

Les échanges amoureux, dits aussi sextos, peuvent avoir comme fonction de s’exciter et de satisfaire ses pulsions, sans avoir à consommer réellement l’union. Ils seraient une mise en attente, une tentative de différer la satisfaction du désir en le satisfaisant un peu tout de même ou alors, ils peuvent être un moyen de questionner sa sexualité et ses fantasmes. Quand bien même notre société légitime et expose la sexualité, les angoisses que suscite l’étrangeté du désir n’en sont pas pour autant annulées. Les adolescents doivent découvrir leur corps en changement et les désirs qui apparaissent. Ils doivent apprendre la sexualité, être rassurés et accompagnés.

Ces pratiques érotiques deviennent problématiques lorsque les contenus échangés débordent du cadre intime dans lequel ils ont été produits. Il y a deux circonstances dans lesquelles cela peut se produire : quand le destinataire se sert de ces contenus pour se valoriser auprès de ses pairs ou quand, suite à une rupture, ils sont utilisés pour se venger. Cela s’appelle le revenge porn. Dans les deux cas, nous sommes alors dans le cadre du cyberharcèlement, puni par la loi !

Il peut également arriver que des contenus de ce type soient réclamés par un des deux partenaires comme gage d’amour ou de confiance. Il s’agit alors de chantage affectif ou d’intimidation.

Les contenus visionnés

Les contenus visionnés peuvent être consentis ou non consentis. Le premier cas concerne les situations où un adolescent reçoit un contenu dans le cadre d’un sexting ou lorsqu’il visionne de la pornographie, afin de satisfaire sa curiosité ou une excitation. Que les adolescents se posent des questions ou expérimentent la sexualité en ligne n’a rien de surprenant ou d’inquiétant. Cela le devient, en revanche, quand ces activités deviennent compulsives. Il est alors important que l’adolescent puisse en parler avec un adulte, qui saura lui répondre sans le juger.

Les contenus non consentis sont découverts au hasard des rencontres sur les réseaux sociaux ou lors de la navigation sur Internet. Qu’il s’agisse d’un contact qui envoie une image de ses organes génitaux ou d’un site pornographique qui s’affiche de manière impromptue, il est indispensable que l’adolescent puisse exprimer son ressenti, qu’il s’agisse d’excitation, d’incompréhension ou de dégoût.

Une personne qui se fait harceler est avant tout une victime. Il faut donc absolument éviter les remarques du genre : « Mais qu’est-ce que tu as dans la tête ? », « Tu aurais dû faire attention », « Tu l’as cherché en t’exposant de la sorte », etc.

Les médias parlent souvent de pédophiles actifs sur les réseaux sociaux. Si, effectivement, des personnes plus âgées tentent d’entrer en contact ou de séduire des jeunes, il faut alors savoir que la majeure partie des situations d’abus sexuels proviennent de l’environnement proche. La majorité des adolescents repèrent assez facilement les « pédos », s’amusent un temps avec eux pour satisfaire leur curiosité ou les tourner en ridicule, avant de les bloquer. Seuls ceux qui présentent certaines fragilités préalables (besoin d’être aimé, besoin de reconnaissance, manque d’estime de soi,…) vont se laisser avoir.

Dans tous les cas, et ceci est très important, un adolescent qui rencontre des problèmes de cet ordre ne doit être ni jugé ni sermonné ! Une personne qui se fait harceler est avant tout une victime. Il faut donc absolument éviter les remarques du genre : « Mais qu’est-ce que tu as dans la tête ? », « Tu aurais dû faire attention », « Tu l’as cherché en t’exposant de la sorte », etc.

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