Mercredi soir, salle associative de Borny. Une dizaine d’ados répètent depuis trois heures leur passage devant les élus de la Ville. Prise de parole au chronomètre, vidéo retravaillée, questions classées par ordre de priorité. Tout ça pour le Challenge Citoyen, et pour ramener autre chose qu’une promesse de principe.

Trois heures de répétition pour six minutes de parole

La séance était encadrée par deux éducateurs, dont Mégane Bressan, qui a coordonné le montage vidéo. Les jeunes sont arrivés avec un plan : présenter le Challenge Citoyen, défendre l’inscription sur les listes électorales, projeter la vidéo tournée au marché de Borny. Le tout en six minutes, temps de parole imparti par groupe le jour de la rencontre.

D’où le découpage au chronomètre, plan par plan, avec une question finale calibrée pour chaque élu. Marouoi, 17 ans, résume la logique : « On veut montrer ce qu’on fait, pas seulement le dire. »

Emploi local, lieux pour se retrouver après 18h, et un détail qui revient

L’essentiel des questions rédigées par les jeunes tourne autour de deux sujets : l’accès à l’emploi dans le quartier et le manque de lieux ouverts en soirée. Sur la liste, deux demandes concrètes ressortent : un créneau hebdomadaire dans une salle municipale pour des ateliers numériques, et un coup de pouce pour monter une mini-bibliothèque associative.

Mais ce qui revient en boucle pendant la séance, c’est une question plus brute : « Les élus sont-ils déjà venus à Borny ? » À côté, on entend « À partir de quel âge peut-on briguer une fonction municipale ? » et « Pourquoi pas plus de lieux pour se retrouver après 18 h ? ». Le ton n’est pas militant, il est informé. Ces ados ont préparé leurs interventions comme on prépare un oral.

La Mission locale a joué le rôle d’interface depuis le départ : note d’intention, prise de rendez-vous, formalisation de la demande écrite. C’est cette dernière qui change tout par rapport à une discussion informelle de salle municipale. Le jour J, les élus repartiront avec un document, pas seulement un souvenir.

Deux demandes à mettre sur la table

Les éducateurs ont posé une consigne ferme aux jeunes : pas question que les élus repartent sans deux demandes tangibles sur le papier. La première, diffuser la vidéo du marché dans un cadre municipal officiel. La seconde, obtenir un engagement écrit pour des créneaux récurrents dans une structure de la Ville, dédiés à leurs ateliers.

Si un élu dit oui à la diffusion, la consigne est de pousser jusqu’à la date précise et au nom du service qui suivra. Pas de « on verra ça avec mes équipes » sans calendrier accroché derrière.

L’enjeu pour le quartier

Le Challenge Citoyen pousse à l’inscription sur les listes électorales, avec une logique simple : plus le quartier vote, plus son poids politique pèse, et plus les aides ciblées suivent. C’est un pari de long terme, et la rencontre du jour J n’en est qu’une étape.

Mission locale et APSIS : qui fait quoi

La Mission locale a porté la partie protocolaire : rédaction de la note d’intention, prise de rendez-vous, coaching pour la prise de parole. L’APSIS, ancrée dans le quartier depuis longtemps, a apporté le terrain et les liens de confiance avec les ados. Ensemble, ils ont préparé une lettre protocolaire, un plan de présentation, et une clé USB avec la vidéo. La même Mission locale qui parle mobilité dans le quartier joue ici un rôle de courroie politique.

Le point souvent oublié dans ce genre d’opération, c’est l’après. Qui relance, qui suit l’engagement une fois que les élus sont remontés en voiture ? La Mission locale s’est engagée sur ce point précis : relance écrite quinze jours après la rencontre, jusqu’à obtenir une réponse de l’élu en retour.

La vidéo, levier central

La vidéo tournée au marché de Borny est la pièce maîtresse du dossier. Mégane a prévu deux copies : une pour la projection en salle le jour J, une autre à laisser en mail aux élus. Les jeunes ont récupéré les autorisations de diffusion auprès des commerçants et habitants filmés, condition non négociable pour qu’elle puisse vivre au-delà de la rencontre.

Au-delà de la diffusion, ce que cherche le groupe à obtenir tient en trois choses concrètes : un engagement écrit, un calendrier daté, et le nom d’un interlocuteur précis en mairie, pas un service générique. Les trois ensemble permettent de tenir les délais et de relancer en cas de silence. Sans ces trois éléments, le retour d’expérience des opérations passées dans d’autres quartiers est sans appel : les engagements oraux finissent par s’évaporer.

Le risque, c’est l’inertie

Le piège classique de ce genre de rencontre, c’est la sortie polie sans suite concrète. Pour éviter ça, la Mission locale a calé deux relances en interne : une à quinze jours, une à six semaines, jusqu’à obtenir un retour écrit. Les rendez-vous menés dans d’autres quartiers de l’Est messin, du côté de la Patrotte notamment, ont montré la même chose : sans dossier préparé et sans relance, le rendez-vous reste un événement, pas un point de départ.

Le calendrier d’après-rencontre

  • J+0 : rencontre et notation des engagements pris.
  • J+7 : courrier récapitulatif signé par les jeunes et la Mission locale.
  • J+15 : relance officielle si pas de réponse.
  • J+30 : point public (article, projection, réunion).

Deux phrases entendues en répétition

Un éducateur, en cadrant les jeunes : « Les élus sont là pour écouter, pas pour tenir le rôle d’expert à votre place. » Un ado, plus tard : « On n’attend pas des cadeaux, juste de la reconnaissance et des moyens. »

Questions fréquentes

Comment les jeunes peuvent-ils obtenir un engagement écrit des élus ?

Demandez clairement un courrier ou un mail officiel signé par le cabinet de l’élu. Lors de la rencontre, notez le nom du signataire, mentionnez un délai précis (par exemple 30 jours) et demandez une copie par courriel à la Mission locale pour conservation.

Quelle preuve apporter pour maximiser les chances de financement local ?

Un budget détaillé avec devis ou estimation à l’appui, et une feuille de route en quelques étapes. Joindre un devis concret (location salle, matériel audio) et un indicateur de résultat attendu (nombre d’ateliers, fréquentation visée) pèse plus lourd qu’une demande chiffrée à la louche.

Peut-on filmer la rencontre pour garder une trace et faire pression ensuite ?

Oui, si les élus acceptent la captation. Obtenez leur accord écrit avant l’enregistrement et préparez un usage précis de la vidéo (diffusion publique, archivage). Sans consentement écrit, la vidéo risque de ne pas être diffusable.

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