Les jeux vidéo, ne campez plus sur vos positions #2

De plus en plus de personnes jouent aux jeux vidéo alors que ceux-ci ont toujours mauvaise réputation. Pour essayer de comprendre les représentations du grand-public sur ce média, nous avons recueillis les avis de personnes lors de micros-trottoirs et avons ensuite présenté les propos recueillis à des spécialistes des jeux vidéo. Cela a donné lieu à 3 rencontres en visioconférence. Cette deuxième rencontre est orientée sur les mécanismes des jeux vidéo.

Les invités 

Bruno Rocher, psychiatre addictologue au CHU de Nantes. Il est médecin responsable de l’espace Barbara, un centre de soin ambulatoire en addictologie, notamment pour les troubles du comportement alimentaire et le trouble du jeu vidéo. Il est co-auteur avec Lucie Gailledrat du livre “Mon enfant est-il accro aux jeux vidéo ?” (2020) aux éditions JLE.

Séverine Erhel, Maîtresse de conférence en psychologie cognitive et ergonomie à l’université de Rennes 2. Ses recherches concernent les questions du traitement de l’information, l’apprentissage et la motivation dans les documents multimédias, les serious game et les jeux vidéo. 

Celia Hodent est docteure en psychologie cognitive et consultante UX. Elle a travaillé sur l’amélioration de l’expérience utilisateur de jeux comme Tom’s Clancy, Assassin’s Creed ou Fortnite. Elle est l’auteure du livre “Dans le cerveau du Gamer” (2020) chez Dunod. Elle tient également un blog en anglais et milite pour la création d’une charte éthique pour les développeurs de jeux vidéo.

L’essentiel 

Quand le jeu vidéo est utilisé de manière raisonnée, le joueur ne court aucun risque. Au contraire, cela permet de développer des compétences émotionnelles et affectives. Comme toutes les activités ludiques, les jeux vidéo permettent le développement social et cognitif des enfants et des adultes. Il faut cependant veiller à conserver des activités variées ; jouer au foot, jouer aux jeux vidéo et jeux de société, etc.

Les jeux vidéo, parce qu’ils sont conçus pour être engageants, peuvent procurer plus de satisfaction que la vie quotidienne. Ils peuvent alors servir de refuge pour échapper aux problèmes. On peut parler d’usage excessif, lorsqu’il y a une dérégulation des activités, c’est-à-dire lorsqu’un comportement occupe trop de place dans la vie d’un individu (de 8 à 10 heures par jour tous les jours !). Il est alors nécessaire de consulter un spécialiste. 

Selon leur modèle économique, les jeux vidéo mettent plus ou moins de pression sur le joueur. Les techniques marketing qui incitent à payer et à s’engager davantage ne sont pas éthiques. Il faut prendre ces paramètres en considération lorsqu’on laisse un enfant ou un adolescent jouer à un jeu vidéo.

Ces mécanismes ne sont pas connus du public. Il y a un besoin de médiation et d’éducation aux médias, tant sur les aspects problématiques que sur la dimension ludique. En effet, on parle trop souvent des points négatifs des jeux vidéo et rarement de leur dimension artistique et culturelle. On oublie trop facilement qu’il s’agit d’une forme d’art interactif fait par des gens passionnés. 

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