Les jeux vidéo, ne campez plus sur vos positions #3

De plus en plus de personnes jouent aux jeux vidéo alors que ceux-ci ont toujours mauvaise réputation. Pour essayer de comprendre les représentations du grand-public sur ce média, nous avons recueillis les avis de personnes lors de micros-trottoirs et avons ensuite présenté les propos recueillis à des spécialistes des jeux vidéo. Cela a donné lieu à 3 rencontres en visioconférence. Cette troisième rencontre s’intéresse à l‘éducation aux médias et à la prévention.

Les invités

Vanessa Lalo est psychologue clinicienne spécialiste des pratiques numériques. Elle intervient en formation et en analyse des pratiques dans le réseau des promeneurs du net, ce qui fait d’elle un témoin privilégié des pratiques éducative et de l’éducation aux médias. Vous pouvez suivre son actualité sur son blog.

Jean-Pierre Couteron est psychologue clinicien. Il exerce au Centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie et à la Consultation Jeunes Consommateurs  du Trait d’Union de l’association Oppelia à Boulogne-Billancourt. Intéressé par le public adolescent et la prévention, il a participé à la rédaction de l’ouvrage, notamment un chapitre de l’Aide mémoire de la réduction des risques en addictologie (2012) qui traite du jeu d’argent, chez Dunod.

L’essentiel

Les jeux vidéo sont critiqués au même titre que d’autres médias émergents à leur époque (les mangas, le rock’n roll ou les livres, etc.). Il faut considérer la concurrence entre les médias et les types de médias. Ainsi dans les années 1980, la mauvaise image des jeux vidéo a été véhiculée par la presse et la télévision qui voyaient un concurrent en termes de parts de marché.

Les jeux vidéo, comme toutes les activités qui procurent du plaisir, peuvent être vu comme quelque chose d’agréable ou comme quelque chose susceptible de créer des risques. Cependant, s’ils peuvent apporter des problèmes, comparativement à d’autres substances (héroïne, cocaïne, cannabis, alcool, tabac), il n’y a pas de risques majeurs pour la santé.

On considère souvent le temps passé comme critère d’usage excessif, ce n’est pas le bon indicateur. Il est alors préférable de considérer la perte de contrôle. Cependant, il ne faut pas négliger que cette perte de contrôle est un symptôme, le signe de quelque chose qui ne va pas. Il peut s’agir d’une psychopathologie  comme un état anxieux ou dépressif, ou de difficultés devant lesquelles l’individu n’est pas en mesure de faire face. 

Avec l’approche par les risques, on apprend à se méfier des jeux vidéo et du numérique plutôt qu’à faire avec eux, favorisant ainsi la prévention au détriment de l’éducation. C’est d’autant plus préjudiciable que l’approche courante en prévention consiste à faire peur. Il serait préférable de se baser sur une prévention positive qui valoriserait les bonnes pratiques. 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Post comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.